LOI, ROYAUME
ARchimede assis tranquillement su*
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le rivage et tirant sans peine à flot ui| ' grand vaisseau , nous représente un Mût «arque habile gouvernant dans son cabinet ses vastes Etats, et faisant tout mouvoir en paroissant immobile. Les plus grands Rois qu'ait célébrés l'Histoire n'ont point été élevés pour régner ; c'est une science qu'on ne possède jamais moins qu'après l'avoir trop apprise »
et qu'on acquiert mieux en obéissant qu'en commandant.
Pour qu'un Etat Monarchique pût êtrt bien gouyerné , il faudroit que sa grandeur ou son étendue fût mesurée aux facultés de celui qui gouverne. Il tst plus aisé de conquérir que de régir. Avec un levier suffisant» d'un doigt on peut ébranler le monde ; mais pour ie soutenir il 4aut les épaules d'Hercule.
Le seul éloge digne d'un Roi, «st ce»
lui qui se fait entendre , non par la bouche mercenaire d'un Orateur» mais par .la voix d'un Peuple libre.
Que les Rois ne dédaignent point d'admettre dans leurs conseils les gens les plus capables de les bien conseiller ; qu'ils renoncent à ce vieux préjugé inventé par l'orgueil des Grands» que l'art de conduire les Peuples est plus difficile
ï>t J. J. Rousseau. 9i Wjue «eltri de les éclairer : comme s'il étoît plus aisé d'engager les hommes à bien faire de leur bon gré , que de les y contraindre par la force. Que les Sa* vans du premier ordre trouvent dans"/ leurs Cours d'honorables asiles , qu'ils y obtiennent la seule récompense digne «Peux, celle de contribuer par leur créait au bonheur des Peuples à qui ils a»»
font enseigné la sagesse ; c'est alors seule ment qu'on verra ce que peuvent la vertu , la science et l'autorité animées d'une noble émulation , et travaillant deconcert à la félicité du genre humain.
Mais tant que. la puissance sera seul»
d'un côté, les lumières et la sagesse seules d'un autre , les Savans pèseront rarement de grandes choses , les Princes" en feront plus rarement de belles , et les Peuples continueront d'être vils , cor* rompus et malheureux.