‹ Les pensées de J.J. Rousseau: citoyen de GenèveChapitre 3 sur 71 · DIEU · texte numérisé non relu

DIEU

Il us je m'efforce de contempler son essense infinie , moins je la conçois , mais elle est , • ctla me suffit ; moins je la conçois f plirs je l'adore. Je m'htfniilïe et lui dis : Etre des Êtres , je suis parce que tu es ; c'est m'élever à ma source que de te inéditer sans cesse. Le plus digne usage de ma raison est de s'anéantir devant toi : c'est mon ravissement d'esprit, c'est le charme de ma foi blesse de jne sentir accablé de ta grandeur* .

Voulons-nous pénétrer dans ces abîmes de Métaphysique qui n'ont ni fond ni rive , et perdre à disputer sur l'essence divine ce temps si court qui nous est

fe Lés PëksjÎè s

donné pour l'honorer ? Nous ignorons ce qu'elle est , nais nous savons qu'elle est : que cela nous syffit ; elle se fait voir dans ses œuvres , elle se fait sentir au-dedans de nous. Nous pouvons bien disputer contre elle > mais non pour la méconnoître de bonne foi.

Rien n'existe que par celui Çui eit. C'est lui qui donne un but à la justice 9 une base à la vertu , un prix à cette courte vie employée a lui plaire ; c'est lui qui ne cesse de crier aux coupables que leurs crimes secrets ont été vus , et qui fait dire au juste oublié , tes vertus Ont un témoin ; c'est lui , c'est sa substance inaltérable qui est le vrai modèle des perfections dont nous portons tous une image en nous-mêmes. Nos passions ont beau la défigurer ; tous ses traits 9 liés à l'essence infinie , se représentent toujours à la raison , et lui servent à rétablir ce que l'imposture et l'erreur en ont altéré.

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