SUICIDE
JL U veux cesser de vivre ; mais je volidrois bien savoir si tu as commencé.
<2uoi '. fus-tu placé sur la terre pour n'y rien faire % Le Ciel ne t'impose- t-il point avec la vie une tâche pour la rem* j>lir t Si tu as fait ta journée avant le soir 9 repose-toi le reste du jour, tu le peux ; mais voyons ton ouvrage. Quelle réponse tiens-tu prête au juge suprême qui demandera compte de ton tems \ Malheureux ! trouve-moi ce yuste qui se vante d'avoir assez vécu ; que j'apprenne de lui comment il faut avoir porté la vie pour être en droit, de la quitter»
tu
J>^J.J.jr\pU*S.EAtf. „ICJJ r Tu comptes le* jnjauk deThumanité , fe tu'alsyla 1 vie «sVitâ n&l? Mâs ; , ►regarde y cherche dans Tordre, des ctfoses il tu y trouves tyièf ju^ ffiStfi ï(ûî ne soient point mffés de maux. EsV-ce donc idire qu'il n'y ait aùciin'fiiWa^stéiiniVers , et peux-tu confondre ce ijùi est mal par ta nature avec éV qui ne souffre le mal que pat âccidetft ? ta ^ie passive cfe l'homme n'est rien,, et ne regarde qu'un corps dont il sera bientôt délivVé ; malt $a vie active et mdrâïe'qift doit influer sur tout son être , Consiste dans l'exercice de sa voronté.La vie est un mal podr le méchant qui jpr'pspère , et un bien pour l'honnête h'oirime infortuné* ; daiPdc n*est pas une modification passagère , mais son rapport avec son objet qui la rend bonne ou mauvaise.
Tu t'ennuies de vivre , et tu drs , la vie est un mal. Tôt ou tard tu seras consolé » et tu diras , la vie est un Bien.
Tu diras plus\vrai , sans mieux raisonner : car rien n'aura changé que toi* Change donc dès aujourd'hui , et puisque c'est dans la mauvaise disposition de ton, ]ame qu'est tout le mal ,' corrige tes affections déréglées , et ne brûle pal ta /• Partie. K
no Les Censées , "maison ' ppjtT,' f r$yfa'''pat la peine <JeJ?
3ii %}ue sont dix j vingt, trente ans pour un être immbrjcê] t ta peine et le plaisir passent comme une ombre ; la vie s'ç- Coule en un instân'r j eîlè n'est rien par ,eltc-mênie i, son prix dépend de soiïera,jjIqï* Le bien se tu qu r ona fait demeure^ et c'est par lui qu'elle est quelque chose* Ne dis donc plus que c'est un mal .pour loi de vivre , puisqu'il dépend cfe roi seul que ce soit un bien, et que si c'est un mal chivoir vécu , c'est une rai- ^sori de plus pour vivre encore. Ne dis : pas non plus* qu'il t'est permis de mourir , car autant vaudrok dire qu'il t'est permis de n^tre pas homme , qu'il tVst permis de te révolter contre l'auteur <\t ton Être , et de tromper ta destination* Le suicide est une mort iurtive çt .Jhonteuse. C'est un vol' fait au gcnre'fiu- . main* Avant de. le quitter , rends-lui ce .qu'il a, fait pour toi. Mais je ne tiens à . rien. Je suis inutile ail monde. Philosôjtçhe d'un jour 2 ignorésau que tu ne sau- .fois fair^ un pas sur -la terre sans trouver ^quelque, devoir à remplir, et tout homme est utile à l'humanité , par cela seul qu'il existe l
viçns^cpiè je t'agj^yipg;àj|îrâeij lafjVJe^.
Çhâquç/QisAqMc ^.scra^te^ce â'e^spr,-y ; tir, qis.^i) toi-même j j{^{ç/ttft$;*Ka/$ yjj*.£lJMC ^fonf fc jflWf5f ;^< Jç mourir z puis va xbèrcher quelque iôdigfifià^ courir ,, quelque jgfertifa' a. co^ota /% qgelqiiA opprimé,. ,f défendre, & cett£ çpnsïdération te rçtiççtaujpWd'wy * efl& te. je^en/ïra Worjç dsm'a!>^;apr^ d^ ÛiainVto.utè la vie. Si e^le. ne je.reuçnfl fts , -Rieurs i tu n'e s ■fjjftyfi mechanç.
ARpfe2; vous de cronForjdre le nom ^acrc de l'honiieur ayec^ipe préjugé fé^ loce.qûï raert'outes Usvpu^s a la ppiutf d'une £$p , ,et ^w/:B r 9H* A u '^ fair* de braves ^célérâts^., t -,
, Çn quoi consistç ce préjugé % ,Danft fopiuiQJçi i^plûs extrav^atf et ( la : plu* barbare qui .jamais entra dans l'esprit humain * : &voir ? 'que fjtyigjfii, 4^voiçs d* la société sont supplées. par la bravoure* qu'un '^it:me ' n.esfj' jjlus , ïb^be % fri*
inàïri , poli , quand irsaitsejba^trîp'; <jpe h mensonge se cnanfee'èn vérité y quêter toi devient légitime' i" la perdre' hcftrii^ té , Pinfidélîté fouâblè , sitôt qu'on sourient rout T cela le feVà^la main ; qu'unf affront esr toujours/ T bfen réparé parant coup d'épéV, 4 et qu'on n'a jamais tort avec un homme, pourvu qu'on lé ? tue» Il y a 9 je l'avoue , We autre sorte d'a£ faire* oir la gentillesse se mêle à la cruauté, et où Pon ne' tue les gens que paf JâsarcT; c'est celle où l'on se bar ait premier sang. Au' premier sang ! Grandi Dieu ! et qu'en yeux-m faire. àemsàng* bête féroce? Le veux-tu boire ?
Les plus vaillaàs Sommes de l'antiquité songerenr-ils jamais à venger leurs injures persotnielles l par des combats particuliers f César envoya- t-il un carré!
à Caton , ou Pompée à César , pour tant d'affronts 'fécrproqués , et' le plus grand capitaine de la "Grèce fût-il déshonoré pour s'être laissé menacer d'un bâton ? D'autres tems , d'autres mœurs f je le sais ; mais* n'y eh a -t-il que de bonnes , et n'oseroit-on s'enquérir si les mœurs d'un tems sont celles qu'exige le solide honneur ?. Non , cet honneur n'est point véritable } û ne dépend ni de s r pré-
de J. J. Rousseau. . iif jugés , il ne peut ni passer » ni renaître , H a sa source éternelle dans le cœur'de Fhomme juste et dans la règle inaltérable de ses devoirs. Si les peuples les plus éclairés , tés plus braves , les plus vertueux de la terre n'ont point connu' le Duel , je dis qu'il n'est point une institution de PJionnéur , mais une mode affreuse et barbare digne de sa féroce origine. Reste â savoir si , quand il s'agit de sa vie ou de celle d'autrui , l'honnête homme doit se régler sur la mode , et s'il n'y a pas aloss plus de vrai courage à la braver qu'à la suivre ? Que feroit celui qui veut s'y asservir , dans des lieux où règne un usage contraire ? A Messine ou à Naples , il iroit attendre son homme au coin d'une rue , et le poignarder par derrière. Cela s'appelle être brave en ce pays-là , et l'honneur n'y consiste pas à : se faire tuer par son ennemi , mais à le tuer lui-même.
L'homme droit dont toute ta vie est sans tache , et qui ne donna jamais aucun signe de lâcheté , refusera de souiller sa 1 main d'un homicide et n'en sera que plus honoré. Toujours prêt à servir la patrie , à protéger le faible , à remplir les 4croirt les plus dangereux , et à défen- ■ K î
Jf 4 LES PENSÉES
re 9 en toute rencontre juste et hormeV.
te , ce qui lui est cher au prix de son.
sang, il met dans ses démarches cette inébranlable fermeté qu'on n'a point sans le' vrai courage* Dans la sécurité de sa conscience , il marche la tête levée , - IL ne sait ni ne cherche çon ennemi. On voie aisément qu'il craint moins de mourir que de mal faire , et qu'il redoute le crime et non le péril. Si les vils préjugés , s'élèvent un instant contre lui, tous les, jours de son honorable vie sont autant de témoins qui les récusent » et dans une .
conduite si bien liée , on juge d'une ac-; tion sur toutes les autres.
Les hommes si ombrageux et si prompts à provoquer les autres sont , pour la plupart , de très-mal-honnêtes gens qui , de peur qu'on n'ose, leur montrer ouvertement le mépris qu'on a pour eux , s'efforcent de couvrir de quelques affaires, d'honneur l'infamie de leur vie entière*
Tel fait un effort et se présente une fois , pour avoir droit de sç cacher le reste de sa vie. Le vrai courage a plus de .
constance et moins d'empressement ; il .
est toujours ce qu'il doit être , il ne faut ; ni l'exciter ni le retenir ; l'homme de .
bien le porte par-tout avec lui , au ço«» ]
D f h h ; Rp ff S S E]A f . X * *
fcat eontte l'ennemi 4 ,dans un cercle eut fsveur des a^senç et de; la vérité., dan»:
son lie contre le? attaguçs de la douleur* et de la mort. La force de i'ame qui l'inspire esc d'usage dans tçius les teins & il met toujours la vertu au-dessus de»
événemens , et ne consiste pas à se bat-i cre » mais à ne rien craindre.
EXCÈS DU VTN.' [
A Ou te intempérance est vicieuse, etf sur- tout celle qtii nous ^tt.b plus noble de nos facultés. L'excès du vin dégradé l'homme * aliène au moins sa raison pour un tems et l'abrutit à la tangué* Mais en- > fin 9 le goût du vin n'est pas un crime » r il. en fait rarement commettre „ il rend l'homme stupide et non pas méchant* • Pour une querelle passagère iju ? tlcaUse T ^ ilibrme cent a ttachemeW durables. G£- •> néxalemerçt parlant , ks buveurs ont de..
la .cordialité , de la .franchise ; ils son Tj presque tous bons, droits* |ustestyfid&i .»
les, bravescct hoonitesgcas^.è lourde- .
faut près. >n /*i
Combien de vertus apparentes cachent souvent des vices réjls S Le sage est so~
u6 Te £ PensTe^ * btè par «pparfetace -, le fourbe .l'est pW fausseté. Dans le pays de mauvaises ffiteuts , d'intrigues y de trahisons , d*adulte*es , on redoute un état d'indiscrétion où le cœur se montre sans qu'on y songe. Par-tout les gens qui abhorrent le plus l'ivresse sont ceux qui ont le phi s d'intérêt à s'en garantir. É» Suisse elle est presque en estime : à Naples elle est en horreur ; mais au fond laquelle est le plus à craindre , de l'intempérance du Suisse , ou de la réserve de PI* talien?
Ne calomnions point le vice même , n'a-r-jl pas assez de sa laideur 3 Le vin ne donne pas de la méchanceté , il la décelé.. Celui qui tua Clitus dans l'ivresse? fit mourir Phiiotas de sang-froid* Si l'ivresse ai ses fureurs » quelle passion n'a t pas les siennes V La différence est que les autres restent au fond de l'ame , et-queeelle-là s'allume et s'éteint à instant. À ceremportemenrprès, qui passe et qu'on' évite aisément , soyons sûrs que quiconque fait dans le vin de méchantes actions,, couve à jeun de médians des»
seins.
DE ï. J. U ai) S 3 E A Ù. 11/