‹ Les pensées de J.J. Rousseau: citoyen de GenèveChapitre 35 sur 71 · MALADIE · texte numérisé non relu

MALADIE

JLj'Extreme inégalité dans la manière* de vivre , Fèxeès d oisiveté dans lès uns « ' l'excès de travail dans les autres , la hcxlité d*irritef et de satisfaire nos appétits et notre sensualité t les alimeiis trop recherchés des riches , qui 1^ nourri s-* sent de sucs échauffons et les accablent «rindfeestions ; la mauvaise nourriture rfêï pauvres , et dont ils manquent même le plus souvent , et dont le défaut les portera surcharger avidement leur esto- Utiac dans l'occasion - y les veilles » les excès de toute espèce, les transports imnaodérés (K toutes Us passions , les fan* sj{Oes et 'l'épuisement d'esprit , les chagrins et les peines sans nombre qu'on éprouve dans tous les états , et dont les âmes sont perpétuellement rongées 9 voilà les funestes garans que la plupart de nos maux sont notre propre ouvrage « et que nous les aurions presque tous évités en conservant la manière de vivre simple , Uniforme et solitaire qui nous étoit prescrite par la nature. Si elle nous a destinés â être sains , j'ose presque as»

Sfc .Les,, Pe-nste^j rer que l'état de réflexion est un état centre- nature , et-Wiemmc qui médît»

est un animal déppyé.

, MÉDECINE, MÉDECINS*- s,

l/N corps débile affpiblit l'amé. De4à| l'empire de la Médecine , art plus perni-^ cieux aux hommes que tous les maux* jut'il prétend guérir. Je ne sais pouj m.Q&' e quelle maladie nous guérissent les Médecins , jmais *jc f sais, qu'ils ntfu's, erj' donnent de bien funestes, lalâcbetè;» la!

pusillanimité , la çrédulfré , la terreû^de; la mort : s'ils périssent le corps , Jlsf tuent le courage. Çue nous importe

t point sortir de leurs mains^ € I La Médecine est , à là mode parmi nous : elle doit l'être. C'est J v amu$en;çnt;~ d*s gens oisifs et désœuvrés , qui , «c sa-, chant <fue faire de leur tems , le passent' à* le conserver. S'ils avoient eu le makC hîeur de naître immortels , ils seroieofc les plus misérables des êtres. Une vie"!

qu'ils n'auroient jamais peur de perdre/ ne seroit pour eux d'aucun prix. Jl fajyjl

r tf f . n ; d i j. J. Roués eau: ii*

^riéi^ gens-là fies Médecins qiiî lestnena-

'fcirtt pour les flatter / et qu'il leur donnent chaque jour le seul plaisir dont ils

"éofent susceptibles, celui de n'être pas

'suons*.* '"

" Les hommes font sûr l'usage de ta Médecine les mêmes sophismes que sur

'la recherche de la vérité. Ils supposent toujours* qu'en traitant un malade on te ^uérk , et ou'en cherchant une vérité on là trouve : ils ne voient pas qu'il faut balancer l'avantage d'une guérison que le Médecin opère , par la mort de

« cent malades qu'il a tués , et l'utilité

* d'une vérité découverte ,'paf le tort qu« 7fbnt les erreurs qui passent en même "téffls. La science qui instruit et la Médè- ~ cine qui guérit sont tort bonnes sans

doute ; mais la science qui trompe et la

* Médecine qui tue sont mauvaises. Apprenez-nous donc à les distinguer* Voilà le nœud de la question : si nous

~ savions ignorer la vérité, nous ne serions ' jamais les dupes du mensonge ; si nous 1 savions ne vouloir pas guérir malgré la nature , nous ne mourrions jamais par la rJiairf du Médecin. Ces deux abstinences seroiént sages; on.gagneroit évidemment à Yy soum|tîre. Je, ac dispiue donc

m Les Pensées .

aux hommes? Quelques-uns de ceux qu'il guérit mourroienj , il est vrai; maisdek millions qu'il tue resteroient en vie.

lîomme sensé , 41e mets pas à cette loterie où trop de chances sont contre tôu 'Souffre, meurs du guéris ; mais surtout vis jusqu'à ta dernière heure. f

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