TABLEAU DU LEVER
D V Sû L E l L.
X Ransportons - nous sur un lien élevé avant que le soleil se levé. On le voit s'annoncer de loin par les traits de feu qu'il Jance au-devant de lui. L'incendie augmente y l'orient paroît tout en flamme ; à leur éclat on attend l'astre long-tems avant qu'il se montre : à chaque instant on croit le voir paroître , on le voit enfin. Un point brillant part comme un éclair et remplit aussi-tôt tout l'espace : le voile des ténèbres s'efface et tombe j l'homme reconnoît son séjour et le trouve embelli. La verdure a pris mirant la nuit une vigueur nouvelle j le jour naissant qui Pédeire , les premiers
at Les Pensées ♦
rayons qui la dorent , la montrent coi** verte d'un brillant réseau de rosée , qu»
réfléchit à l'œil la lumière et les couleurs. Les oiseaux' en chœur se réunissent ec saluent de concert le père de la vie : en ce moment pas un seul ne se taît. Leur gazouillement foible encore est plus lent et plus doux que dans le^teste de Ujotitnée ; il se sent de la longueur d'un paisible réveil. Le concours de tous ces objets porte aux sens une impression de fraîcheur qui semble pénétrer jusqu'à l'ame. Il y a une demi-heure d'enchan* tement auquel nul homme ne résiste : un spectacle si grand , si beau , si délicieux»
n'en laisse aucuq de sang-froid.