‹ Les pensées de J.J. Rousseau: citoyen de GenèveChapitre 66 sur 71 · DEVOIRS DES PERES · texte numérisé non relu

DEVOIRS DES PERES

v^OftfME la véritable nourrice de l'enfant ett la mère , le véritable précepteur est le père. Qu'ils s'accordent dans l'ordre de leurs fonctions , ainsi que dans leur système ; que des mains de Tua l'enfant passe dans celles de l'autre. Il sera mieux élevé par un père judicieux et borné • que par le plus habile maître du monde j car le zèle suppléera mi eu* au talent , que le talent au sele.

Un père quand il engendre et nourrit des ènfans, ne fait en cela que le tiers de sa tâche. Il doit des hommes à son espèce , il doit a la société des hommes sociables , il doit des citoyens à l'état.

Tout homme qui peut payer cette triple dette, et ne le tait pas , est coupa?

Me et plus coupable , peut-être , quand ijja paie à demi. Celui qui ne peut remplir les devoirs de père , n'a point droit de le devenir» Il n'y a ni pauvreté > ni travaux , ni respect humain qui le dispensent de nourrir ses enfans et de les élever lui-même. Lecteurs > vous pouvez m'en croire» Je prédis £ quiconque a des

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entrailles, et néglige de si saints devoirs, qu'il versera long-tems sur sa faute des larmes ameres , et n'en sera jamais consolé.

•. Mais, que fait cet homme riche > ci

Îiere de famille si affairé , et forcé selon ui , de laisser ses enfans à l'abandon !

Il paie un autre homme pour remplir «es soins qui lui sont à charge. Ame vé-< sale ! crois-tu donner à ton fils un autre père avec de l'argent ? Ne t'y trompe point ; ce n'est pas même un maître que %u lui donnes , c'est un valet. Il en formera bientôt un second.

Un père qui sentiroit tout le prix d'un bon gouverneur , prendront le parti de.

s'en passer} car il mettroir plus de peine, à l'acquérir , qu'à le devenir lui-même.

Veut-il donc se fia ire un ami? qu'il élevé son tlls pour l'être : le voilà dispensé de le chercher ailleurs , et la nature a déjà (ait la moitié de l'ouvrage.

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