‹ Les pensées de J.J. Rousseau: citoyen de GenèveChapitre 67 sur 71 · ÉDUCATION · texte numérisé non relu

ÉDUCATION

JN Ous naissons /pibies , nous avons besoin de forces ; nous naissons dépourvus de tout , nous avons besoin 4e ju-

ACfieot. Tout ce que nous n'avpn&pgf Inotre naissance', ,et dont nous aron* jkfsqin étant grands* npus, .est dpnni par

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j, ,Çetxe éducation nous vient de la#a>

jure - ou des hommes , ou des cfeosç*.

?Le développement, in terne de nos facultés .et de nos organes* ejjc.l'educaM©* de ^a nature: l'usage qu'on nous appreçjl £ fpire de ce développement! es* 4!Wi«h camion des hommes j,et l'acquis dp notre propre expérience sur les objets qui noj|f ^lectenr, est l'éducation. des .choses* .

Chacun de nous esc donc formé pgr

{rois sortes de maîtres. Le disciple, dan* equel leurs diverses leçons se^erttyrft~ rient , est mal élevé , et ne sera j w?i* d'accord avec lui-même : celui dans lequel elle* tombent toutes sur les même* points , et tendent aux mêmes fins, v* seul à son but et va conséquerament»

Celui-là seul est bien élevé* ." L'éducation de l'enfance est celle qui importe le plus ; et cette première édur cation appartient incontestablement aux femmes. Si l'auteur de la nature eût voulu qu'elle appartînt aux hommes > il leur eût donné du lait pour nourrir te« enfans. Parlez donc toujours aux fenv

*iér, )>ar "pftfftencè Vdaiîs vos'èrafr* ^'éducation ; car,' outre qu'elles sbrit à jfertée d'y veiller d* {ïlus près que. te* hommes, et qu'elles y influent toujourf davantage , le succès les intéresse aiissi beaucoup plus, puisque ta plupart 'de* veuves se trouvent presque à la merci fié leurs enfahs , et qu'alors Ils leur font vivement sentir, en bien ou en mal?

rtôet de la" manière dont elles les ont élevés* Les lois 9 toujours si occupées des biens et si peu des personnes , parc»

qu'elles ont pour objet la paix tt non la vertu ; ne donnent paV assez d'auto* rite aux mères. Cependant leur érat est élus sûr que celui des pères } leurs de* Voira sont plus pénibles , leurs soins itn* portent plus au bon ordre de la famille f généralement elles ont plus d'attache-»

ment pour les enfans. Il v a des occasions où un fils qui manque de respect $ son père , peut , en quelque sorte , Être excusé t mais dans quelque occasion que ce fiât 9 s) un enfant étoit assez dénaturé pour en manque/ à sa mère , à celle qui l'a porté dans son sein , qui l'a nourri de son lait , qui , durant des années 9 l'est oubliée elle-même , pour ne s'oc* #pper yie 4e lui > on devroit se bâter

o« J. J. Rousseau. j*

'd'étouffer ce misérable , comme un monstre indigne de voir le jour*

Celui d'entre nous qui sait le mieux supporter les biens et les maux de cette vie» est le mieux élevé : d'où il suit que la véritable éducation consiste inoins en préceptes qu'en exercices.

Si les hommes naissoient attachés au sol d'un pays • si la mèmt saison duroit toute l'année « si chacun tenoit à sa for* tune de manière a n'en pouvoir jamais changer , la pratique d'éducation établie seroit bonne à certain égard ; l'enfant élevé pour son état , n'en sortant jamais , ne pourrait être exposé aux inconvénient d'un autre. Mais /vu la mobilité des choses humaines , vu l'esprit inquiet et remuant de ce siècle qui bouleverse tout â chaque génération , peut* on concevoir une méthode plus insensée que d'élever un enfant « comme n'ayant jamais à sortir de sa chambre » comme devant être sans cesse entouré de set •gens ? Si le malheureux fait un seul pat tur la terre , s'il descend d'un seul degré , il est perdu» Ce n'est pas lui apprendre à supporter la peine , c'est l'cxeft fer à la sentir.

SpWcnet'yoïfs toujours que l'esprit

t$» Le s Pï*Ni é*E8

d'une bonne institution n'est pas d'enseigner à l'enfant beaucoup de choses., tnatis dé ae laisser jamais entrer dans son cerveau que des idées justes et claires»

La partie la plus essentielle de l'éducation d'un enfant, celle dont il n'est jamais question dans les éducations Us plus soignées,: c'est de lui biejjk feire sentir sa misère , sa foiblesse , sa dépendance» et le pesant joug de la nécessité que la nature impose à l'homme ; «t cela non-seulement afin qu'il soit sensible a ce qu'on fait pour lui alléger ce joug , mais sur-tout afin qu'il connoisse de bonne heure en quel rang l'a placé la Providence ; qu'il ne s'élève point au-dessus de sa portée, et que rien d'humain ne lui semble étranger à lui.

Appropries l'éducation de l'homme à l'homme , et non pas à ce qui n'est point lui. Ne voyez-vous pas qu'en travaillant â le former exclusivement pour un état, vous le rendez inutile à tout autre , 'et que , s'il plaît à la fortune , yous n'aurez travaillé qu'à le rendre malheureux»

Mettez toutes les leçons d^s jeunes gens en actjon , plutôt qu'en discours ; qu'ils n'apprennent rien dans 4e$ livres 4c ce que l'expérience peut enseigner.

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