‹ Les pensées de Mme de WarensChapitre 10 sur 37 · XXII · texte numérisé non relu

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T)es retraites monastiques.

Ce sont de grands endroits clos de grands murs, dans lesquels la première institution défendoit l'entrée d'un sexe différent de celui qui y est renfermé.

Les retraites monastiques seroient en effet des retraites, s'il étoit défendu aux passions de s'y introduire ; mais cela ne dépend pas absolument de nous. Prononcer des vœux, et les tenir sont deux choses : le mortel qui compte trop sur lui, est tôt ou tard puni de sa témérité.

Les femmes quoique d'un sexe foible et léger, font aussi des vœux ; quelquefois elles les font si jeunes, qu'elles les oublient ; d'autres jurent si légèrement, qu'elles s'en repentent ; et de façon ou d'autre, ces pauvres vierges pleurent presque toutes sur un état qui fait leur malheur, en outrageant la nature.

Voici le plus fort argument qu'on pousse, en faveur de ces célibataires fermés sous clé ;

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c'est une ressource dit-on pour itn père de famille, qui a beaucoup d'enfants : belle raison ! je suis étonnée que les peuples qui n'ont point de couvents, ne demandent pas la permision d'assommer les leurs.

Celui qui vient au monde avec ses deux bras, apporte en naissant les moyens de prévenir ses besoins quand il sera homme : le malheureux qui naît estropié trouvera des ressources dans la générosité.

Tombez monstrueux remparts, qui dérobez tant de bras à l'industrie, tant de mères de famille à la société, ou préservez-les de ces monuments intérieurs qui déchirent leur ame.

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