XXIII
T)e la niort.
L'homme qui a bien vécu, sait toujours mourir.
La mort n'est qu'un passage, il doit être terrible pour le méchant, mais il est l'espoir du sage.
Le trépas est inévitable, tout le monde le
sait ; cependant peu de gens y songent. Le moment arrive, on se lamente, on invoque les secours de la médecine qui prolongent quelque fois la vie, mais n'assurent jamais l'immortalité.
La mort effraie, quelque misérable qu'on soit : si Ton trouve des suicides, c'est que le furieux qui commet ce crime ne voit alors dans le coup qu'il se porte que la fin de sa peine : le suicide se tue pour ne plus souffrir ; trop lâche pour supporter sa misère, il cherche le néant : mais croît-il le trouver? comment se justifiera-t-il devant l'Etre qui lui demandera compte de sa vie ? comment s'acquittera-t-il envers la société qu'il aura quitté ?
Laissons s'approcher le moment qui doit opérer la destruction de notre machine ; faisons le bien ; vivons pour nous, et pour la société ; essuyons les pleurs de l'infortune ; et ne fermons jamais les oreilles aux cris de la douleur. En songeant à la mort, ressouvenons-nous qu'une autre vie nous attend.