‹ Les Pensées de Pascal, disposées suivant l'ordre du cahier autographeChapitre 137 sur 299 · A 191 — B6i — C 85 — POR xxix. 40 - BOS II. xvn · texte numérisé non relu

A 191 — B6i — C 85 — POR xxix. 40 - BOS II. xvn

FAU 11, cj5 — HAV xxiv. 61 bis — MOL 1, 172.

— ' A1 MOL Contre les philosophes, qui ont Dieu sans Jésus-Christ. = 3 A1 d'être aimé, et ne l'aimant pas

et admiré et ont désiré d'être aimés 3 et admirés des hommes; et ils ne connaissent pas leur corruption. S'ils se sentent pleins de sentiments pour l'aimer et l'adorer, et qu'ils y trouvent leur joie principale, qu'ils s'estiment bons, à la bonne heure ! Mais s'ils s'y trouvent répugnants. s'il [s] n'[ont] 4 aucune pente qu'à se vouloir établir dans l'estime des hommes, et que, pour toute perfection, ils fassent 5 seulement que i;. sans forcer les hommes, ils leur fassent trouver leur bonheur à les aimer, je dirai que cette perfection est horrible. Quoi ! ils ont connu Dieu et n'ont pas désiré uniquement que les hommes l'aimassent, mais 7 que les hommes s'arrêtassent à eux : ils ont voulu être l'objet du bonheur volontaire des hommes !

[i] Ayant considéré d'où vient qu'il y a tant de faux miracles, de fausses révélations, sortilèges '. etc.. il m'a paru que la véritable cause est qu'il [y] en a de vrais; car, il 2 ne serait pas possible qu'il y eût tant de faux miracles s'il n'y en avait de vrais, ni tant de fausses religions, s'il n'y en avait une véritable. Car, s'il n'y avait jamais eu de tout cela, il est comme impossible que les hommes se le fussent imaginé, et encore plus impossible que tant d'autres l'eussent cru. | 2] Mais, comme il y a eu de très grandes choses véritables, et qu'ainsi elles ont été crues par de grands hommes, cette impression a été cause que presque tout le monde s'est rendu capable de croire aussi les fausses. Et ainsi, au lieu de conclure qu'il n'y a point de vrais miracles puisqu'il y en a tant de faux, il faut dire, au contraire, qu'il y a de vrais miracles puisqu'il y en a tant de faux, et qu'il n'y en a de faux que par cette raison qu'il y en a de vrais, et qu'il n'y a de même de fausses religions que parce qu'il y en a une vraie. [3] L'objection à cela : « que les sauvages ont une religion »; — mais c'est qu'ils ont oui parler de la véritable, comme il parait par la croix de Saint-André s, le déluge, la circoncision, etc. Cela vient de ce que l'esprit de l'homme, se trouvant plié de ce côté-là par la vérité, devient susceptible par là de toutes les faussetés de cette

:1 B, MOL aimés et être admirés. 4 A1 et s'il n'a aucune. •"• A1 ils fassent que

ce soit ,; A1 que les hommes = 7 FAU l'aimassent, que les hommes.

4.22. — - A ig3 (d'une main étrangère) — B 389 — C 355 — FAU rr, 236 — MOL 11. 71.

— ' FAU de sortilèges. 2 A' commençait II ne serait pas : (les lignes antérieures en surcharge}. V de Saint-André, la circoncision (le déluge : en surcharge).

— Cf Montaigne, i, 26. — C'est une variante de la pensée yyJ.

Jésus-Christ a fait des miracles 1. et les apôtres ensuite, et les premiers saints, en grand nombre, parce que, les prophéties n'étant pas encore accomplies et s'accomplissant par eux. rien ne témoignait, que les miracles. Il était prédit que le Messie convertirait les nations Is., 11, 3 . Comment cette prophétie se fût-elle accomplie, sans la conversion des nations ? Et comment les nations se fussent-elles converties 2 au Messie, ne voyant pas ce dernier effet des prophéties qui le prouvent ? Avant donc qu'il ait été mort, ressuscité, et converti les nations, tout n'était pas accompli : et ainsi il a fallu des miracles pendant tout ce temps s. Maintenant il n'en faut plus contre les Juifs, car les prophéties accomplies sont un miracle subsistant.

1 Car il ne faut pas se méconnaître 1 : nous sommes automate

autant qu'esprit; et de là vient que l'instrument par lequel la persuasion se l'ait n'est pas la seule démonstration 2. Combien y a-t-il peu de choses démontrées ;î ! Les preuves ne convainquent que l'esprit. La coutume fait nos preuves les plus fortes et les plus crues 4 ; elle incline l'automate, qui entraîne l'esprit sans qu'il y pense. [2] Qui a démontré qu'il sera demain jour, et que nous mourrons ? Et qu'y a-t-il de plus cru ? C'est donc la coutume qui nous en persuade ; c'est elle qui fait tant de chrétiens, c'est elle qui fait les Turcs, les païens, les métiers, les soldats, etc. (Il 5 y a la foi reçue dans le baptême aux chrétiens de plus

Page 1