Peut-ce être autre chose que la complaisance du monde
qui vous fasse trouver les choses probables ? Nous ferez-vous accroire que ce soit la vérité, et que, si la mode du duel n'était point, vous trouveriez probable qu'on se peut battre, en regardant la chose en elle-même ?
Ce1 que Montaigne a de bon ne peut être acquis que difficilement. Ce qu'il a de mauvais (j'entends hors les mœurs) peut2 être corrigé en un moment, si on l'eut averti qu'il faisait trop d'histoires, et qu'il parlait trop de soi.
/■46. A 440 (d'une main étrangère) — B 366 — C 322 — FAU 1. ig5 —
HAV xxv. 7 — MOL 1, m.
/4/. - A 440 (d'une main étrangère) — B 366 — <^ 322 — FAU 1. rq5 — Il AV xxv, 92 bis — MOL 1. 293.
— ' A. B1. FAU, MOL Marton.
/■48. - A 440 (d'une main étrangère) — B 366 — C 322 — Manquai! dans POH ; a été insérée plus tard au chapitre xxi\ — BOS I, i\ 21 — FAU 1, 2o5 — HAV vi. 18 — MOL 1, 87.
— ' La page 184 est sans doute celle de l'édition des Essais donnée par M de Gournay en i635. C'est le chapitre 40, du livre l" (HAV).
/•41). \ 440 (d'une main étrangère) — B 366 — '- 322 — FAU 1, 266 —
HAV Pro 287 — MOL n, 120.
Pascal apostrophe évidemment les casuistes.
75(3. A 440 id'une main étrangère* — B 367 — C S24 — Manquait
dans POR ; a été postérieurement insérée au chapitre \\\i — BOS I. \. 7 — F\t 1. 252 — MAV vu. 7 — MOL 1. 22.
— ' C Montaigne. — Ce que. ' FAU eût pu.
N'avez-vous jamais vu des yens. qui. pour se plaindre du peu d'état que 3 faites d'eux, vous étalent i'exemple de gens de condition qui les estiment? Je leur répondrais à cela : «. Montrez-moi le mérite par lequel vous avez charmé ces personnes, et je vous estimerai de même, y
Miracles. — [1] Le peuple conclut cela de soi-même, mais s'il vous en faut donner la raison
[2] 1 1 est fâcheux d'être dans l'exception de la règle ; il faut même être sévère. •et contraire à l'exception; mais néanmoins, comme il est certain qu'il y a des exceptions de la règle, il en faut juger sévèrement, mais justement.
753. ■ « éteindre le flambeau de1 la sédition », trop luxuriant.
« L'inquiétude de son génie ». trop de deux mots hardis.
/54. " Quand on se porte bien, on admire comment on pourrait
faire si on était malade: quand on l'est, on prend médecine gaîment : le mal y résout. On n'a plus les passions et les désirs de divertissements et de promenades, que la santé donnait, et qui sont incompatibles avec les nécessités de la maladie :
/ 5 1 . A 440 (d'une main étrangère) — B 368 — POR xsix. S —
BOS I. vin. 17 — FAU 1, 204 — HAV v, 16 — MOL 11, i5o.
/ 52. - A 441 (d'une main étrangère) — B H67 — C 323 — POR xvxi. 9 — BOS I, x, 8 — FAU 11, 23o — HAV vu, 8 — MOL 11, 88. HAV supprime le % 1".
— La règle, c'est qu'il n'y a plus ou plus guère de miracles : Port-Royal est donc dans l'exception.
/53~/55. .1 la suite sur une même feuille, A 441, toutes d'une main
étrangère.
753. — A 441 (d'une main étrangère/ — B 365 — C 321 — FAU 1. z5q — HAV xxv. 25 ter — MOL 11, 1 35.
— » HAV, MOL de sédition.
/ 54. A 441 (d'une main étrangère) — B 365 — C 3>i — POR xxix. [5
— BOS I. ix. iy — FAU 1. 194 — HAV vi. 16 — MOL 1, m.
MOL rattache a cette pensée la pensée y 55. Mais je ne vois pas la suite des idées, et
il me semble que ces deux pensées sont presque contradictoires.
la nature donne alors des passions et des désirs conformes à l'état présent. Il n"y a que les craintes (que nous nous donnons nous-mêmes, et non pas la nature) qui nous troublent, parce qu'elles joignent à l'état où nous sommes les passions de l'état où nous ne sommes pas.
/ 00. La nature nous rendant toujours malheureux en tous états,
nos désirs nous figurent un état heureux, parce qu'ils joignent à l'état où nous sommes les plaisirs de l'état où nous ne sommes pas: et quand nous arriverions à ces plaisirs, nous ne serions pas heureux pour cela, parce que nous aurions d'autres désirs conformes à ce nouvel état.
II faut particulariser cette proposition générale.
75b. On aime à voir l'erreur, la passion de Cléobuline. parce
qu'elle ne la connaît pas. Elle déplairait si elle n'était trompée.
757. « Prince » à un roi plaît, parce qu'il diminue sa qualité.
C'est l'elfet de la force, non de la coutume: car ceux qui sont capables
d'inventer sont rares; les plus forts en nombre ne veulent que suivre, et refusent la gloire à ces inventeurs qui la cherchent par leurs inventions. Et s'ils s'obstinent à la vouloir obtenir, et mépriser 1 ceux qui n'inventent pas, les autres leur
755. A 441 (d'une main étrangère! — B 363 — C 3 2 1 — BOS I. vu. 3 — FAU n, 43 — HAV iv, 6 — MOL 1. 112.
75C)~757. Sur une même feuille, A 441, d'une main étrangère.
FAI' réunit ces deux pensées gui n'ont cependant rien de commun.
756. - A 441 'd'une main étrangère» — B 365 — C 3ai — FAU r. 21 i — HAV xxv, 68 — MOL 1. 48.
— Cf Artamène ou le Grand Cyrus de M" de Scudêry.
757. - - A 441 (d'une main étrangère) — B 365 — C 3ai — FAU 1, 212 — HAV \w. 69 — MOL 1, ia3.
/5o. A 441 (d'une main étrangère, avec corrections de Pascal) —
B 33 — C 3o — POR xxxi, n — BOS I, vin. 20 — FAU 1. ai3 — HAV v, 19 — MOL 1. io3.
— ' MOL et à mépriser.
donneront des noms ridicules, leur2 donneraient des coups de bâton. Qu'on8 ne se pique donc pas de cette subtilité, ou qu'on se contente en soi-même.
La 1 mémoire, la joie sont des sentiments ; et même les propositions géométriques deviennent sentiments, car la raison rend les sentiments naturelset les sentiments naturels s'effacent par la raison.
S'il se vante, je l'abaisse; s'il s'abaisse, je le vante: et le contredis toujours,, jusqu'à ce qu'il comprenne qu'il est un monstre incompréhensible.
Contradiction : mépris de notre être, mourir pour rien, haine de notre être.
Dieu ' n'a pas voulu absoudre sans l'Eglise. Comme elle a part à l'offense, il veut qu'elle ait part au pardon. Il l'associe à ce pouvoir, comme les rois les parlements: mais si elle absout ou si elle lie sans Dieu, ce n'est plus l'Eglise; comme au parlement : car, encore que le roi ait donné grâce à un homme, si faut-il qu'elle soit entérinée ; mais si le parlement entérine sans le roi, ou s'il
2 A1 leur donneront des coups. :! A1 Qu'on ne change donc rien (Ces
corrections de la main de Pascal.)
/59. — A 441 (d'une main étrange) ej — B 366 — C 323 — FAU 1, 2 1 jî
— HAV vin, 7 — MOL n, 142.
— 1 B. C Sentiment. — La mémoire.
— Sentiment signifie intuition ou donnée intuitive.
760. A 442 ( d'une main étrangère) — B 48 — C 68 — POR xxi. 4 —
BOS II, 1. 4 — FAU 11. 89 — HAV vin. 14 — .MOL 1, 70.
761- A 442 td'une main étrangère) — B 46 — C 67 — FAU II, 89 —
/ 6^2. - A 442 (d'une main étrangère) — B 38o — C 33g — FAU 1, J24
— ' B Lier et délier. — Dieu n'a pas.
refuse d'entériner sur l'ordre du roi. ce n'est plus le parlement du roi, mais un ■corps révolté.
Ils ne peuvent avoir la perpétuité, et ils cherchent l'universalité: et. pour cela, ils font toute l'Eglise corrompue, afin qu'ils soient saints.
Ro.m '.. m. 27. — Gloire exclue : par quelle loi ? des œuvres? non. mais par la foi. Donc la foi n'est pas en notre puissance comme les œuvres de la loi. •et elle nous est donnée d'une autre manière.
Venise. — Quel avantage en tirerez-vous, sinon du besoin qu'en ont les princes, et de l'horreur qu'en ont les peuples? S'ils vous avaient demandés, et que, pour l'obtenir, ils eussent imploré l'assistance des princes chrétiens, vous pourriez faire valoir cette recherche. Mais que. durant cinquante ans, tous les princes s'y soient employés inutilement, et qu'il ait fallu un aussi pressant besoin pour l'obtenir !
Les grands et les petits ont mêmes accidents, et mêmes fâcheries, et mêmes passions: mais l'un est au haut de la roue, et l'autre près du centre, et ainsi moins agité par les mêmes mouvements.
/(>J. A 442 (d'une main étrangère' — B 38o — C 33g — FAI 1. 266 —
IIAV Pro 287 — MOL ti, 96.
— « Ils » ce sont les casuistes.
/6-4. A 442 (d'une main étrangère) — B 379 — C 338 — FAI' a, 178
IIAV xxv. [38 — MOL 11, 56.
— ' B, C Grâce. — Rom., ni.
/65. - A 442 (d'une main étrangère) — B 37g — C 338 — FAU r, 21 S — IIAV xxv. 208 — MOL 11. io5.
— // s'agit de la réadmission des Jésuites à Venise, sur l'instance des princes chrétiens {i65y).
/66. A 442 (d'une main étrangère) — B 379 — C 33g — POR xxix,
25 — BOS I, ix, 3i - FAU 1. 187 - IIAV vi. 28 — MOI.' r. n3.
— Cf Montaigne, h. 12.
Que peut-on avoir, sinon de la vénération, d'un homme qui prédit clairement des choses qui arrivent, et qui déclare son dessein et d*aveugler et d'éclairer, et qui mêle des obscurités parmi des choses claires qui arrivent.
Les six âges : les six Pères des six âges; les six merveilles à l'entrée des six âges ; les six orients ' à l'entrée des six âges.
Ordre. — Après « la corruption », dire « Il est juste que ceux qui sont en cet état le connaissent, et1 ceux qui s'y plaisent, et ceux qui s'y déplaisent. Mais il n'est pas juste que tous voient la rédemption *. »
/ /U. " — Lorsqu'on ne sait pas la vérité d'une chose, il est bon qu'il y ait une erreur commune qui fixe l'esprit des hommes, (comme, par exemple, la lune, à qui on attribue le changement des saisons, le progrès des maladies, etc.), car la maladie principale de l'homme est la curiosité inquiète des choses qu'il ne peut savoir, et il ne lui est pas si mauvais d'être dans l'erreur, que dans cette curiosité inutile.
76 7. - - A 442 (d'une main étrangère) — B 171 — C 2o5 — F AU n, 273 — HAV xxv. 16? — MOL 11, 7.
/68. - - A 442 (d'une main étrangère) — B 147 — C 177 — FAU 11, 327 — HAV xxv, 99 bis — MOL 1, 270.
— 1 FAU les six à. — MOL six arians.
— Cf S' Augustin, de Genesi contra Manichœos, 1, 23-35 (HA\ .
/69. - A 442 (d'une main étrangère) — B 255 — C 471 — BOS II. xvn. m — FAU 11. 389 — HAV xxiv. 10 ter — MOL 11, 64.
— ! A connaissent, ceux qui s'y plaisent, ceux qui (et... et : en surcharge). =■ 2 A1 la rédemption, mais
770~770 rS. A {recto et verso) 44^-444 d'une main étrangère) —
B 391 — C 35g — POR xxxi, 24 — BOS I, x. 17 — FAU i, 252 — HAV vu. 17 et 17 bis — MOL 11. 147.
770 l . La manière d'écrire d'Epictète, de .Montaigne et de
Salomon de Tultie, est la plus d'usage, qui s'insinue le mieux, qui demeure plus dans la mémoire, et qui se fait le plus citer, parce qu'elle est toute composée de pensées nées sur les entretiens ordinaires de la vie : comme, quand on parlera de la commune erreur qui est parmi le monde, que la lune est cause de tout, on ne manquera jamais de dire que Salomon de Tultie dit que « lorsqu'on ne sait pas la vérité d'une chose, il est bon qu'il y ait une erreur commune, etc. », qui est la pensée de l'autre côté l.
7/i H n'y a rien sur la terre qui ne montre — ou la misère de
l'homme, ou la miséricorde de Dieu — ou l'impuissance de l'homme sans Dieu, ou la puissance de l'homme avec Dieu.
Il 2, ~ Dieu a fait servir l'aveuglement de ce peuple au bien des élus.
Titre : D'où vient qu'on croit tant de menteurs, qui disent qu'ils ont vu des miracles, et qu'on ne croit aucun de ceux qui disent qu'ils ont des secrets pour rendre l'homme immortel et pour rajeunir.
[i] Ayant considéré d'où vient1 qu'on ajoute tant de foi à tant d'imposteurs qui disent qu'ils ont des remèdes, jusques à mettre souvent sa vie entre leurs mains, il m'a paru que la véritable cause est qu'il y en a de vrais ; car il ne serait
— ' A2 (main étrangère), FAI'. HAV, MOL la pensée ci-dessus.
— On sait que Salomon de Tultie est l'anagramme de Louis de Montalte, pseudonyme de Pascal.
//l"/72- Sur une même feuille, A 441 (recto). — FAI' les réunit en
une seule pensée.
7/1- A 44S [d'une main étrangère, écrit d'abord au crayon) — B 255
— C 471 — BOS II, xiii, 3 — FAU 11, i57 — HAV x\, 5 — MOL 1. 294.
/ / 2.- - A 443 yd'une main étrangère , écrit d'abord au crayon) — B 2?'r>
— C 471 — FAI 11. i?7.
/73- A (verso et recto) 443-444 {d'une main étrangère) Le titre et la
pensée sont dans A. sur deux feuilles séparées, mais reliés par des signes de renvoi. en forme de delta. — B 388 — C 353 — POR xvn, 16 — BOS II. xvi. 7 — FAI" n. 234 — HAV xxiii. 2? — MOL 11, 69.
— ' A1 d'où vient qu'il y a tant
pas possible qu'il y en eût tant de taux, et qu'on y donnât tant de créance'-, s'il n'y en avait de véritables. Si jamais il n'y eut remède à aucun mal. et que tous les maux eussent été incurables, il est impossible que les hommes se fussent imaginé qu'ils en pourraient donner; et encore plus que tant d'autres eussent donné créance à ceux qui se fussent vantés d'en avoir : de même que si un homme se vantait d'empêcher de mourir, personne ne le croirait, parce qu'il n'y a aucun exemple de cela. [2] Mais comme il y [a] eu quantité de remèdes qui se sont trouvés véritables3, par la connaissance même des plus grands hommes, la créance des hommes s'est pliée par là : et. cela s'étant connu possible, on a conclu 4 de là que cela était. Car le peuple raisonne ordinairement ainsi : « Une chose est possible^ donc elle est » : parce que la chose ne pouvant être niée en général, puisqu'il 5 y a des effets particuliers qui sont véritables, le peuple, qui ne peut discerner quels d'entre ces effets particuliers sont les véritables6, les croit tous. De même, ce qui fait qu'on croit tant de faux effets de la lune, c'est qu'il y en a de vrais, comme le flux de la mer.
[3] Il en est de même des prophéties, des miracles, des divinations par les songes, des sortilèges, etc 7. Car, si de tout cela il n'y avait jamais eu rien de véritable, on n'en aurait jamais rien cru : et ainsi, au lieu de conclure qu'il n'y a point de vrais miracles parce qu'il y en a tant de faux, il faut dire8 au contraire qu'il y a certainement de vrais miracles, puisqu'il y en a de faux 9, et qu'il n'y en a de faux, que par cette raison qu'il y en a de vrais.
[4] Il faut raisonner de la même sorte pour la religion, car il ne serait pas possible que les hommes se fussent imaginé tant de fausses religions, s'il n'y en avait une véritable. L'objection à cela, c'est que les sauvages ont une religion: mais on répond à cela que c'est qu'ils en ont ouï parler, comme il paraît par le déluge, la circoncision, la croix de saint André, etc.
/ /-t-. " - Je ne souffrirai ' point qu'il se repose en lui, ni en l'autre, afin qu'étant sans assiette et sans repos
2 FAU de croyance. = — :1 A1 véritables, et la créance des hommes. - 4 A1 on a cru de là. = ■"■ A1 puisqu'il y en a eu de véritables. =rr=: 6 A1 véritables, et ainsi il
les croit tous. 7 A1 sortilèges, etc.. et même de la religion. = 8 A1 il faut dire
que s'il n'y en avait pas de vrais, il n'y en aurait pas tant de faux et qu'il n'y en a de faux. 9 FAU puisqu'il y en a tant de faux.
— Variante de 422.
— Cf Montaigne, i, 26 : 11, 12.
/ / 4~ / /6* Sur une même feuille, A 444 [recto), d'une main étrangère.
/ /4- - — A 444 (d'une main étrangère) — B 204 — C 470 — FAU n. 96 — MOL 1, 70.
— ' C, MOL souffrirais.