‹ Les Pensées de Pascal, disposées suivant l'ordre du cahier autographeChapitre 251 sur 299 · B 3g {suit 3gg) — C 60 - FAU 1, ts3 - I1AV xxv, i · texte numérisé non relu

B 3g {suit 3gg) — C 60 - FAU 1, ts3 - I1AV xxv, i

Contrariétés. (Après avoir montré la bassesse et la grandeur de l'homme). - [i] Que l'homme maintenant s'estime son prix. Qu'il s'aime, car il y J a en lui une nature capable de bien ; mais qu'il n'aime pas pour cela les bassesses qui y sont. Qu'il se méprise, parce que cette capacité est vide: mais qu'il ne méprise pas pour cela cette capacité naturelle. Qu'il se haïsse, qu'il s'aime : il a en lui la capacité de connaître la vérité et d'être heureux, mais il n'a point de vérité, ou constante, ou satisfaisante.

[2] Je voudrais donc porter l'homme à désirer d'en trouver, à être prêt et dégagé des passions, pour la suivre où il la trouvera, sachant combien sa connaissance s'est obscurcie par les passions2; je voudrais bien qu'il haït en soi la concupiscence qui le détermine d'elle-même, afin qu'elle ne l'aveuglât point pour faire son choix, et qu'elle ne l'arrêtât point quand il aura choisi.

Divertissement. — Si l'homme était heureux, il le serait d'autant plus qu'il serait moins diverti, comme les saints et Dieu. — « Oui : mais n'est-ce pas être heureux, que de pouvoir être réjoui par le divertissement ?» — Non : car il vient d'ailleurs et de dehors : et ainsi, il est dépendant, et partant, sujet à être troublé par mille accidents, qui font les afflictions inévitables.

Le souverain bien. Dispute du souverain bien. — « Ut sis contentus temetipso et ex te nascentibus bonis. » Il y a contradiction, car ils conseillent enfin de se tuer. O quelle vie heureuse, dont on se délivre comme de la peste !

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