B 227 (suit 914) — C 439 — FAU ii, 1 55 — MOL i
916. B 227 (suit 9 1 5) - C 439 — POR xviii. 6 — BOS II, xiii, 3 —
FAU 11, 1 55 — HAV xx. 3 bis - MOL 1, 3 19.
La conversion des païens n'était réservée qu'à la grâce du Messie. Les Juifs ont été si longtemps à les combattre sans succès : tout ce qu'en ont dit Salomon et les prophètes a été inutile; les sages, comme Platon et Socrate. n'ont pu le persuader.
S'il n'avait jamais rien paru de Dieu, cette privation éternelle serait équivoque, et pourrait aussi bien se rapporter à l'absence de toute divinité, ou à l'indignité où seraient les hommes de la connaître. Mais de ce qu'il paraît quelquefois, et non pas toujours, cela ôte l'équivoque. S'il paraît une fois, il est toujours : et ainsi on n'en peut conclure sinon qu'il y a un Dieu et que les hommes en sont indignes.
[i] Ils blasphèment ce qu'ils ignorent. La religion chrétienne consiste
en deux points. Il importe également aux hommes de les connaître, et il est
917. B 227 (suit 916) — C 440 — Manquait dans POR : a été insérée
ensuite au chapitre xiv — BOS II, x, 5 — FAU 11, 368 — HAV xvii. X — MOL ir, 9.
918. B 227 {suit 917) — C 440 — POR xviii. 4 — BOS II, xm. 2 —
I AI ir. 1 55 - HAV xx. 2 — MOL 1. 32 1.
HAV réunit arbitrairement cette pensée à la pensée 919 (S 1 5).
919. — B 228 (suit 918) — C 440 — POR 11. 12 : et xvin. 3 : une partie du % 2 insérée plus tard au chapitre xxvm — BOS II, iv, 10 ; et II, xvn, 2 1 : et II, ni, 2 : et II, xv, 2 : et IL xiu, 2 ; et II, xvii, 9 — FAU 11, 355 (§ 1-2) : et 11, 357 (% 3) ; et 11, 354 (§ 4-8) ; et n, 1 15 (§ 9-1 1) ; et n, 1 16 (§ 12); et 11, 117 (| 1 3-14) : et n, 1 17 (§ 1 5) ; et 11. 117 (§ 16) ; — HAV xi. 10 bis (§ 1-2 et 4-8) : et xxiv. 19 bis (| 2 répété en partie) ; et xi. 1 o (§ 3) ; et x, 5 (§ 9-1 1) ; et xxu, 3 (§ 1 2) : et xxu, 6 (S i3); at xxu. 10 (§ 14) : et xx. 2 (§ 1 5) : et xxiv, 9 (§ 16)— MOL 1. 3 m (| 1-2 et 4-8); et 1, 287 (§ 3); et 1, 1 3g (| 9-12): et i, 140(1 i3); et n, 20(5 14): et 1. 320 (fc 1 5) : et 1. 296 (§ 1 6).
Ces lignes se suivent dans les deux copies. Les éditeurs précédents en ont fait une foule de pensées. Il me semble cependant qu'il n'y en a qu'une. Les impies blasphèment la religion chrétienne parce qu'ils l'ignorent (§ /) ; en effet, leur raison leur dit que la conduite des choses doit tendre à l'établissement de la vraie religion, si elle existe, et cependant ils voient les adorateurs d'un seul Dieu persécutés (§ 3 et .'>'). ('e contraste leur parait prouver la fausseté de la religion (| 41 mais il ne prouve que contre le déisme car la religion chrétienne ne se borne pas à établir qu'il y a un Dieu : elle enseigne à la fois et qu'il y a un Dieu, et que l'homme en est indigne : or toutes choses tendent à établir ces deux vérités (§ 5-8). En effet, toutes choses tendent à Jésus-Christ et qui le connaît connaît ces deux vérités (J Q-IO). Il est donc inutile de recourir aux preuves naturelles, qui démontrent le Dieu abstrait des géomètres et
également dangereux de les ignorer, et il est également de la miséricorde de Dieu d'avoir donné des marques des deux.
[2] Et cependant ils prennent sujet de conclure qu*un de ces points n*est pas, de ce qui leur devrait faire conclure l'autre : les sages qui ont dit qu'il n'y a qu'un ' Dieu ont été persécutés, les Juifs haïs, les chrétiens encore plus.
[3] Ils ont vu par lumière naturelle que, s'il y a une véritable religion sur la terre, la conduite de toutes choses doit y tendre comme à son centre : toute 2 la conduite des choses doit avoir pour objet l'établissement et la grandeur de la religion : les hommes doivent avoir en eux-mêmes des sentiment conformes à ce qu'elle nous enseigne ; et enfin elle doit être tellement l'objet et le centre où toutes choses tendent, que qui en saura les principes puisse rendre raison et de toute la nature de l'homme en particulier, et de toute la conduite du monde en général.
[4] Et sur ce fondement, ils prennent lieu de blasphémer la religion chrétienne, parce qu'ils la connaissent mal. Ils s'imaginent qu'elle consiste simplement en l'adoration d'un Dieu considéré comme grand et puissant et éternel : ce qui est proprement le déisme, presque aussi éloigné de la religion chrétienne que l'athéisme, qui y est tout à fait contraire. Et, de là, ils concluent que cette religion n'est pas véritable, parce qu'ils ne voient pas que toutes choses s concourent à l'établissement de ce point : que Dieu ne se manifeste pas aux hommes avec toute l'évidence qu'il pourrait faire.
[5] Mais qu'ils en concluent ce qu'ils voudront contre le déisme, ils n'en concluront rien contre la religion chrétienne, qui consiste proprement au mystère du Rédempteur, qui, unissant en Lui les deux natures, humaine et divine, a retiré les hommes de la corruption du péché pour les réconcilier à Dieu en Sa personne divine.
[6] Elle enseigne donc ensemble aux hommes ces deux vérités : et qu'il y a un Dieu, dont les hommes sont capables, et qu'il y a une corruption dans la nature, qui les en rend indignes. Il importe également aux hommes de connaître l'un et l'autre de ces points ; et il est également dangereux à l'homme de connaître Dieu sans connaître sa misère, et de connaître sa misère sans connaître le Rédempteur qui l'en peut guérir. Une seule de ces connaissances fait, ou la superbe4 des philosophes, qui ont connu Dieu et non leur misère, ou le désespoir des athées, qui connaissent leur misère sans Rédempteur.
[7] Et ainsi, comme il est également de la nécessité de l'homme de
des déistes, et non le Dieu vivant des chrétiens (§ 11-12): c'est par Jésus-Christ qu'il faut chercher' Dieu (§ 1 3) ; car le monde ne subsiste que par Jésus-Christ et ne subsiste que pour prouver ces deux vérités (§ 14-15), puisqu'il montre à la fois et cache Dieu, c'est-à-dire montre qu'il y a un Dieu et qu'il a été perdu (§ 16-ij). ■ — Tout cela se suit.
— ' FAU. HAV. MOL qu'il y a un. - La fin du § addition en marge. =
3 HAV, MOL toutes ces choses. = ' FAI'. HAV. MOL l'orgueil.
connaître ces deux points, il est aussi également de la miséricorde de Dieu de nous les avoir fait connaître. La religion chrétienne le fait : c'est en cela qu'elle consiste.
[8] Qu'on examine l'ordre du monde sur cela, et qu'on voie si toutes choses ne tendent pas à l'établissement des deux chefs de cette religion : [9] Jésus-Christ 6 est l'objet de tout, et le centre où tout tend. Qui Le connaît connaît la raison de toutes choses.
[10] Ceux qui s'égarent ne s'égarent que manque de voir une de ces deux choses. On peut donc bien connaître Dieu sans sa misère et sa misère sans Dieu : mais on ne peut connaître Fésus-Christ sans connaître tout ensemble et Dieu et sa misère.
[ 11 | Et c'est pourquoi je n'entreprendrai pas ici de prouver par des raisons naturelles, ou l'existence de Dieu, ou la Trinité, ou l'immortalité de l'âme, ni aucune des choses de celte nature; non seulement parce que je ne me sentirais pas assez fort pour trouver dans la nature de quoi convaincre des athées endurcis, mais encore parce que cette connaissance, sans Jésus-Christ, est inutile et stérile. Quand un homme serait persuadé que les proportions des nombres sont des vérités 8 immatérielles, éternelles, et dépendantes d'une première vérité en qui elles subsistent et qu'on appelle Dieu, je ne le trouverais 7 pas beaucoup avancé pour son salut.
| 12] Le Dieu des chrétiens ne consiste pas en un Dieu simplement auteur des vérités géométriques et de l'ordre des éléments : c'est la part des païens et des épicuriens. Il ne consiste pas seulement en un Dieu qui exerce sa providence 8 sur la vie et sur les biens des hommes, pour donner une heureuse suite d'années à ceux qui l'adorent : c'est 9 la portion des Juifs. Mais le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, le Dieu de Jacob, le Dieu des chrétiens, est un Dieu d'amour et de consolation ; c'est un Dieu qui remplit l'âme et le cœur de ceux 10 qu'il possède: c'est un Dieu qui leur fait sentir intérieurement leur misère et sa miséricorde infinie; qui s'unit au fond de leur âme; qui la remplit d'humilité, de joie, de confiance, d'amour; qui les rend incapables d'autre fin que de lui-même.
[i3] Tous ceux qui cherchent Dieu hors de Jésus-Christ, et qui s'arrêtent dans la nature, ou ils ne trouvent aucune lumière qui les satisfasse, ou ils arrivent à se former un moyen de connaître Dieu et de le servir sans médiateur : et par là ils tombent, ou dans l'athéisme, ou dans le déisme, qui sont deux choses que la religion chrétienne abhorre presque également.
|i|| Sans Jésus-Christ, le monde ne subsisterait pas: car il faudrait, ou qu'il fût détruit, ou qu'il fût comme un enfer.
1 IIAV rattache arbitrairement les gg ()-ii à la pensée b\.\. fi Immatérielles,
éternelles : en marge. 7 B, IIAV. MOI. trouverai. N'est-ce pas une simple faute
d'orthographe? 8 B1 sa grandeur. '•' B1 comme le patron des Juifs. 10 IAIJ et le cœur qu'il possède.
[i5] Si le " monde subsistait pour instruire l'homme de Dieu, sa divinité y 12 reluirait de toutes parts d'une manière incontestable ; mais, comme il ne subsiste que par Jésus-Christ et pour Jésus-Christ, et pour instruire les hommes de leur corruption et de leur rédemption, tout y éclate des preuves de ces deux vérités. Ce qui y paraît ne marque ni une exclusion totale, ni une présence manifeste de divinité, mais la présence d'un Dieu qui se cache : tout porte ce caractère.
[16] Le seul qui connaît la nature ne la connaîtra-t-il que pour être
misérable? le seul qui la connaît 1S sera-t-il le seul malheureux? Il ne faut
[pas] u qu'il ne voie rien du tout : il ne faut pas aussi qu'il en voie assez pour croire qu'il le possède ; mais qu'il en voie assez pour connaître qu'il l'a perdu : car, pour connaître qu'on a perdu, il faut voir et ne voir pas ; et c'est précisément l'état où est la nature.
[ 17] Quelque 15 parti qu'il prenne, je ne l'y laisserai point en repos.
11 faudrait que la véritable ' religion enseignât la grandeur, la misère, portât à l'estime et au mépris de soi, à l'amour et à la haine.
Contrariétés. — Sagesse infinie et folie J de la religion.
Sophonie, m, 9 : « Je donnerai mes paroles aux Gentils, afin que tous me servent d'une seule épaule. » - - Ezéchiel, xxvii, 25 : « David, mon serviteur.
11 Rattaché arbitrairement par HAV à g 18. = n FAU, HAV, MOL : divinité reluirait.
1S HAV, MOL connaîtra. u B il ne faut qu'il ne. 15 Supprimé par FAU.
HAV, MOL.
920. B 232 (suit 919) — G 44.S — BOS II, xvn, 9 — FAU 11. 142 —
HAV xxiv, 9 bis — MOL 1, 279.
MOL rattache cette pensée à la pensée 822 gui n'en est cependant rapprochée ni dans B ni dans C.
— ' FAU la vraie.
921 . B 253 (suit, à distance, 456) — C 469 — FAU 11, 145 — MOL 1. 322.
— x FAU, MOL sagesse.