‹ Les Pensées de Pascal, disposées suivant l'ordre du cahier autographeChapitre 266 sur 299 · C 61 1 — FAU 1, 278 — MOL · texte numérisé non relu

C 61 1 — FAU 1, 278 — MOL

défendre devient et juste et nécessaire) ; de même *, dans l'Eglise, quand la vérité est offensée par les ennemis de la foi, quand on veut l'arracher du cœur des fidèles pour y faire régner Terreur, de demeurer en paix alors, serait-ce servir l'Eglise, ou la trahir ? serait-ce la défendre ou la ruiner ? [3] Et n'est-il pas visible que, comme c'est un crime de troubler la paix où la vérité règne, c'est aussi un crime de demeurer en paix quand on détruit la vérité ? FI y a donc un temps où la paix est juste et un autre où elle est injuste. [4] Et il est écrit qu' « il y a temps de paix et temps de guerre » [Eccles., ni, 8], et c'est l'intérêt de la vérité qui les discerne. Mais il n'y a pas temps de vérité, et temps d'erreur, et il est écrit, au contraire, que « la vérité de Dieu demeure éternellement » [ Ps. cxvi, 2 ] ; et c'est pourquoi Jésus-Christ qui dit qu'il est venu apporter la paix (Jean, xiv, 27]. dit aussi qu'il est venu apporter la guerre [Matth., x, 34] : mais II ne dit pas qu'il est venu apporter la vérité et le mensonge. La vérité est donc la première règle et la dernière fin des choses.

M. de Roanncz disait : « Les raisons me viennent après, mais d'abord la chose m'agrée ou me choque sans en savoir la raison : et cependant cela me choque par cette raison que je ne découvre qu'ensuite. » Mais je crois, non pas que celt. choquait par ces raisons qu'on trouve après, mais qu'on ne trouve ces raisons que parce que cela choque.

Mort soudaine seule à craindre, et c'est pourquoi les confesseurs demeurent chez les grands.

| ij Or la probabilité est nécessaire pour les autres maximes, comme

pour celle de L'Amy et [du] calomniateur.

— ' FAU et MOL ponctuent nécessaire (point). Mais de même correspond à comme ; et cette ponctuation est contraire au sens.

— Cf le Deuxième factum des curés de Patis.

964. — 2"" manuscrit Guerrier. — FAUi, 177 — HAVxxv, 56 — MOL11, 14X

— Cf le Traité de l'Art de persuader, les pensées 338 , 4.35.

965. - 2"" manuscrit Guerrier. — F AU 1, 214 — HAVxxv, 5g — MOL 1, 43.

MOL rattache cette pensée à la pensée 7 35, qui, elle, est dans A. 4S7.

966. —— 2"" manuscrit Guerrier. — KAU 1. 274 — HAV Pro, 2qo ($ 2 et ji) — MOL 11, 1 1 7.

HAV supprime le % 1.

— Cf la Provinciale vu.

[2] « A fructibus eorum... » |Mattji., vu, 16J. Jugez de leur foi par leur morale.

|3] La probabilité est peu sans les moyens corrompus, et les moyens ne sont rien sans la probabilité.

[4I II y a du plaisir de pouvoir bien faire, et de savoir bien faire : « Scire et posse. » La grâce et la probabilité le donnent, car on peut rendre compte à Dieu, en assurance sur leurs auteurs.

Les Jésuites. — Les Jésuites ont voulu joindre Dieu au monde, et n'ont gagné que le mépris de Dieu et du monde. Car, du côté de la conscience, cela est évident: et, du côté du monde, ils ne sont pas de bons ' cabalistes. Ils ont du pouvoir, comme je l'ai dit souvent, mais c'est-à-dire, à l'égard des autres religieux, lis auront le crédit de faire bâtir une chapelle et d'avoir une station du jubilé, non de pouvoir faire avoir des évêchés, des gouvernements de places. C'est un sot poste dans le monde que celui de moines, qu'ils tiennent, par leur aveu

même (P. Brisacier 2, Bénédictins). Cependant vous ployez sous les plus

puissants que vous, et vous opprimez de tout votre petit crédit ceux qui ont moins d'intrigue que vous dans le monde.

[ij En corrompant les évêques et la Sorbonne. s'ils n'ont pas eu l'avantage de rendre leur jugement juste, ils ont eu celui de rendre leurs juges injustes. Et ainsi, quand ils en seront ' condamnés à l'avenir, ils diront « ad hominem » qu'ils sont injustes, et ainsi réfuteront leur jugement. [2] Mais cela ne sert à rien. Car, comme ils ne peuvent pas conclure que les Jansénistes sont bien condamnés 2 par cette seule raison qu'ils sont condamnés, de même ils ne pourront conclure alors qu'ils seront mal condamnés eux-mêmes parce qu'ils le seront par des juges corruptibles. [3] Car leur condamnation sera juste, non parce qu'elle sera donnée par des juges toujours justes, mais par des juges ]ustes en cela ; ce qui se montrera par les autres preuves.

967. - - 2"" manuscrit Guerrier. — Manuscrit de Troyes. — FAI1 1, 27.S — HAV Prc, 290 — MOL 1. io5.

— ' MOL sont pas bons, r^^ - Troyes. P. Besaciers.

968. - s°" manuscrit Guerrier. — FAUL276 — HAVPro,2C)i — MOLu, 104-

— ' MOL quand ils seront. z=. - MOL bien condamnés, parce qu'ils sont condamnés.

— Cf 58 1, % 36.

|i | Comme les deux principaux intérêts de l'Eglise sont la conservation de la piété des fidèles et la conversion des hérétiques, nous sommes comblés de douleur, de voir les factions qui se font aujourd'hui pour introduire les erreurs les plus capables de fermer pour jamais aux hérétiques l'entrée de notre communion et de corrompre mortellement ce qui nous reste de personnes pieuses et catholiques. [2J Cette entreprise, qu'on fait aujourd'hui si ouvertement contre les vérités de la religion et les plus importantes pour le salut, ne nous remplit pas seulement de déplaisir, mais aussi de frayeur et de crainte, parce que, outre le sentiment que tout chrétien doit avoir de ces désordres, nous avons de plus l'obligation d'y remédier et d'employer l'autorité que Dieu nous a donnée pour faire que les peuples qu'il nous a commis, etc.

Il faut faire connaître aux hérétiques qui se prévalent de la doctrine des

Jésuites, que ce n'est pas celle de l'Eglise ' , la doctrine de l'Eglise, et que nos

divisions ne nous séparent pas d'autel.

Toute la société entière de leurs casuistes ne peut assurer la conscience dans l'erreur, et c'est pourquoi il est important de choisir de bons guides.

Ainsi, il seront doublement coupables : et pour avoir suivi des voies qu'ils ne devaient ' pas suivre, et pour avoir ouï des docteurs qu'ils ne devaient * pas ouïr.

Si, en différant, nous condamnions, vous auriez raison. L'uniformité sans diversité inutile aux autres : la diversité sans uniformité ruineuse pour nous : l'une nuisible au dehors, l'autre au dedans.

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