‹ Les Pensées de Pascal, disposées suivant l'ordre du cahier autographeChapitre 273 sur 299 · Mn" Périer. Vie de Pascal · texte numérisé non relu

Mn" Périer. Vie de Pascal

// ne pouvait souffrir aussi les caresses que je recevais de mes enfants, et il me disait qu'W fallait les en désaccoutumer, et que cela ne pouvait que leur nuire, et qu'on leur pouvait témoigner de la tendresse en mille autres manières.

Une personne des plus considérables par la grandeur de son esprit et de sa piété avec qui il avait eu de grandes communications sur la pratique de la vertu midit qu'il lui avait donné cette instruction entre autres qu'W ne souffrît jamais de qui que ce fût qu'on l'aimât avec attachement ; que c'était une faute sur laquelle on ne s'examine pas assez, parce qu'on n'en conçoit pas assez la grandeur, et qu 'on ne considérait pas qu'en fomentant et souffrant ces attachements, on occupait un cœur, qui ne devait être qu'à Dieu seul : que c'était lui faire un larcin de la chose du monde qui lui était la plus précieuse.

// avait un si grand ^èle pour la gloire de Dieu, qu'il ne pouvait souffrir qu'elle fût violéee en quoi que ce soit : c'est ce qui le rendait si ardent pour le service du roi, qu'il résistait à tout le monde, lors des troubles de Paris : et toujours depuis, il appelait des prétextes, toutes les raisons qu'on donnait pour excuser cette rébellion : et il disait, que

Dans un Etat établi en république, comme Venise, c'était un grand mal de contribuer à y mettre un roi, et opprimer la liberté des peuples à qui Dieu l'a donnée : mais que dans un Etat où la puissance royale est établie, on ne pouvait violer le respect qu'on lui doit que par une espèce de sacrilège ; puisque c'est non seulement une image de la puissance de Dieu, mais une participation de cette même puissance, à laquelle on ne pouvait s'opposer, sans résister visiblement à l'ordre de Dieu : et qu'auisi. on ne pouvait assez exagérer la grandeur de cette faute, outre qu'elle est toujours accompagnée de la guerre civile, qui est le plus grand péché que l'on puisse commettre contre la charité du prochain.

Et il observait cette maxime si sincèrement, qu'il a refusé dans ce temps-là des avantages très considérables, pour n'y pas manquer. Il disait ordinairement qu'W avait un aussi grand éloignement pour ce péché là, que pour assassiner le monde, ou pour voler sur les grands chemins, et <7!<'ennn. il n'y avait rien qui fût plus contraire à son naturel, et sur quoi il fût moins tenté.

// disait, au plus fort de ses douleurs, quand on s'affligeait de les lui voir souffrir :

Ne me plaignez point : la maladie est l'état naturel des chtétiens, parce qu'on

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