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8. La rhétorique de Pascal : elle est d'avance conforme à celle de Despréaux et de La Bruyère; elle représente celle de Montaigne, sauf plus d'ordonnance et de sobriété ; celle aussi que Molière pratiquait quant au naturel; mais elle en diffère parle châtié, le concis, et par une certaine fuite de poétique, que Pascal jugeait en guerre avec la nature. Elle est presque en tout l'opposé du procédé de Balzac et de ses pareils, de i eux qui fout des antithèses en forçant les mots, comme on fait de fausses fenêtres pour la symétrie.
Sainte-Beuve.
9. Cette insistance passionnée, qui prend toutes les formes, parle tous les langages, s'épanche ici dans des descriptions d'une magnificence incomparable, là se concentre dans de rapides et familières apostrophes, qui ne lâchent jamais prise, que soutient et alimente l'ardeur de la charité, tantôt impatiente, colère, méprisante, tantôt agressive, ironique, et tout à coup suppliante et désolée, c'est l'âme même du livre, c'en est la pénétrante éloquence.
Paul Albert.
10. Pascal, tourmenté par les doutes d'une puissante intelligence, embrasse d'une conviction profonde, comme une sauvegarde, les dogmes du christianisme, et leur donne, par sa soumission, le plus grand des témoignages humains. Mais si la conviction est entière, la démonstration est demeurée imparfaite...; toutefois ces débris sont là pour étonner le pyrrhonisme frivole, pour le mettre en doute de lui-même et en faire longtemps méditer les savants et les sages.
Pascal ne parle pas assez au cœur ; la religion a l'air d'un joug qu'il impose plutôt que d'une consolation qu'il promet. On ne sent pas assez en lui celte tendresse d'âme qui respire dans l'Evangile et qui convertit le monde. Toutefois il intéresse et remue, parce qu'il n'est point déclamateur et qu'il est toujours vrai.
Le contraste entre la grandeur et le néant de l'homme
forme le trait saillant de son éloquence, il lui inspire des pensées d'une effrayante profondeur. On s'étonne de le voir descendre de cette haute métaphysique à des vérités d'observation, surprendre les moindres secrets du cœur et pénétrei l'homme tout entier d'un vaste et triste regard..."
VlLLEMAIN.
11. Bossuet est comme un général qui déploie son armée dans la plaine, pour une grande bataille : tout est mouvement, tout est bruit ; Pascal livre un combat singulier, rapide, silencieux, mais furieux et terrible.