‹ Les penseurs de l'Islam (volume 2)Chapitre 104 sur 192 · CHAPITRE V. — HISTORIENS PERSANS ET MONGOLS · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. — HISTORIENS PERSANS ET MONGOLS

très considérable, qui fut vizir de trois sultans mongols, acquit une fortune assez importante pour pouvoir fonder des villes, et termina tragiquement sa vie à la suite d'un brusque retour du sort. Quatremère a naguère publié et traduit en français une partie de son œuvre principale, l'histoire des Mongols (1), qu'il a fait précéder d'une longue introduction. M. Blochet a récemment repris l'étude de cet historien (2) et pubhé d'autres parties de la même œuvre. Réchîd ed-Dîn était né à Hamadan, selon l'opinion de Quatremère et nonobstant les données de Hadji Khalfa qui le fait naître à Tébrîz et d'Abou'1-Gâzi Bahâdur Khan qui lui donne pour patrie Kazwîn. Les ennemis de ce grand écrivain l'ont dit juif d'origine. Ce n'est sans doute qu'une sorte d'injure, sans fondement, car nous savons d'après Mirkhond que le grand-père de Réchîd ed-Dîn, Mowaffak ed-Daoulah el-Hamadani, fut pris par Houlagou à son service, après que ce prince

1. Histoire des Mongols de la Perse, par Raschid el- Din, éd. et trad, Quatremère. Paris, impr. royale, 1836. 1 vol. de luxe.

2. Tarikh-i Moubarek-i Ghazani, Histoire des Mongols, éd. E. Blochet, T. II, contenant l'histoire des empereurs mongols successeurs de Tchinkkiz Khagan. Leyde, 1911 ; — Introduction à, V Histoire des Mongols de Fadl Allah Raschid ed-Dîn, par E. Blochet, 1910 ; — Volumes de la collection du Gibb Mémorial.

se fut emparé de la forteresse d'Alamout, en même temps que Nasîr ed-Dîn Tousi ; et rien n'indique que ce personnage ait suivi une autre loi que l'islam. En tout cas, Réchîd ed-Dîn s'appliqua dès son enfance à la science du Coran. Ayant ensuite appris la médecine, son talent dans cet art lui attira la faveur des souverains mongols de la Perse et en particulier de Ghazan Khan. Il en devint le vizir. En 702, il accompagna ce Sultan dans une expédition à Rahbah sur l'Euphrate, et ce prince lui fit présent d'une mule de ses propres écuries. Il rencontra dans une localité voisine de Rahhah un autre historien, Abd Allah fils de Fadl Allah, auteur du Tarîkhi Wassâf, qu'il accueillit avec bienveillance et auquel il concilia la faveur du Sultan. Un peu plus tard il fut chargé de l'administration des fondations magnifiques qu'avait faites Ghazan Khan dans la ville de Tébrîz.

Ce Sultan étant mort, Réchîd ed-Dîn fut encore vizir d'Oldjaïtou, son frère. Il fit bâtir un faubourg dans la ville de Soultanieh que fonda ce prince ; il en bâtit un autre à l'orient de Tébrîz, qui fut appelé de son nom Rab'a Réchîdî, le quartier de Réchid. Ce quartier renfermait des monuments d'une beauté remarquable. Le vizir y amena l'eau d'une rivière au moyen d'un canal creusé dans le roc et qui

Page 1