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CHAPITRE VI. LES HISTORIENS TURCS

quatre cents hommes, parmi lesquels le patriarche, « se mirent en route dans le chemin de la mort ». Suit une longue légende sur l'architecte Agnadious et sur la façon dont il échappa au châtiment après avoir réparé le dôme. Celui-ci tomba une seconde fois, du côté oriental, au moment de la naissance de Mahomet.

Pour des époques plus rapprochées de la sienne, Sa*d ud-Dîn est un historien fidèle, et la recherche de son style ne nuit pas trop à la précision. Nous allons donner un extrait des belles pages qu'il consacre à la prise de Constantinople (1) par Mahomet II :

« Les Turcs ayant mis en position sur les points convenables les canons à faces de serpent et à têtes de dragons dont il a été parlé, construisirent les retranchements. Les régiments des Janissaires et des 'Azabs furent chargés de ce travail. Dans les portes, les murs et les fortifications, pareils à des amoureux gémissants, des brèches et des trous furent ouverts ; on élargit les fentes faites par les canons broyeurs de citadelles. Le feu sortant de ces chaudières de fer à la bouche embrasée troubla et confondit la vue des infidèles ; la fumée montant vers les étoiles empêchait la force visuelle de pénétrer au loin ; le jour brillant devint semblable à

1. Ch. Wells, Th« Littérature of the Turks, London, 1891, p. 29.

la nuit sombre ; et la face du monde fut un vent noir pareil au sort des malheureux infidèles. La bouche de la flèche envoyée par le guide de l'arc à l'oreille sans joie de l'ennemi consterné, apportait à voix haute ce message : « Où que vous soyez, la mort vous atteindra.... »

Sur ces entrefaites, deux grands vaisseaux dont les mâts atteignaient le ciel vinrent au secours des Francs ; les Satans qui les montaient, étant venus au pied des fortifications, y entrèrent. Ils se mirent à boucher les trous et les brèches qu'on y avait faits et à repousser l'armée musulmane à l'entour des murailles, tandis que les damnés sans religion qui étaient sur les murs sortaient leurs têtes des fortifications à la manière des tortues et commençaient à nous insulter. »

Quelques personnages de l'armée musulmane donnent au Sultan le conseil de la retraite; « mais le grand docteur Cheïkh Ahmed Kourâni, le cheïkh illustre Ak Chems ed-Dîn et l'habile vizir Zagtous Pacha, n'ayant avec le Sultan conquérant du monde qu'un cœur et qu'une langue, s'opposèrent à ce qu'on permît la paix et la conciliation ; « retirer la main du manteau de la victoire n'est pas signe d'une véritable résolution », dirent-ils, et ils exhortèrent les soldats en qui repose le succès. Ils leur expliquèrent le sens de la parole : « Il vous fera conquérir

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