JHAPITRE VII. LA PHILOSOPHIE POLITIQUE
le rafraîchir en le frottant de sandal et de camphre ; en même temps le côté gauche était si engourdi et si glacé qu'on aurait pu le taillader avec des ciseaux. Il mourut en 255 (869), à plus de 90 ans musulmans.
Masoudi (1) cite de lui quelques mots aimables qui rappellent l'esprit de notre xviii® siècle : A quelqu'un qui vint le voir dans sa vieillesse, il répondit par ces vers : « Je souffre d'un double mal : les douleurs physiques et les dettes. Je suis en proie, ajouta-t-il, à des maladies qui se contrarient l'une l'autre et dont une seule amène la mort ; mais la plus grave est d'avoir 70 ans passés. » Il raconta à un neveu qu'il avait blâmé un homme de s'occuper avec trop de zèle d'œuvres de charité : « Vous épuisez vos forces, lui disait-il, surmenez votre monture et fatiguez votre esclave ; modérez-vous. » Cet homme lui réphqua : « Ni le chant des oiseaux à la cime des arbres, ni la voix des chanteuses s'accompagnant du luth, n'ont pour moi autant de charme que la mélodie d'un merci prononcé par ceux à qui j'ai rendu service. » — Mais venons-en à ses écrits.
Aucun auteur n'est plus capricieux que Djâhiz. Un sujet semble n'être pour lui qu'un prétexte à digression. Sans cesse il passe d'une idée à