Les Prairies d'Or, t. VIII, p
une autre ; mais toujours spirituel, vif, aimable, il joue et n'ennuie pas. Il est homme d'esprit jusque dans ses erreurs ; ses pires bévues sont accompagnées d'arguments piquants qui les relèvent, comme nous allons le voir par exemple à propos de l'origine de la poésie.
Ses titres seuls sont charmants : L'Envieux et r envié ; Supériorité des noirs sur les blancs ; du Rond et du carré [l); Lutte du printemps et de l'automne ; ou encore : le Livre des Parasites ; le Livre des Avares (2) ; on n'en saurait toutefois induire ce qu'il y a dans le traité. Son plus grand ouvrage, le Traité des Animaux (3), est une œuvre considérable où sont intercalés beaucoup de chapitres sans rapport avec les animaux, et où il ramasse les réflexions, souvenirs littéraires, vers, anecdotes, que l'animal peut suggérer. Si l'on commence la lecture de ce livre avec l'idée d'y voir un traité scientifique de zoologie, on est déçu ; si au contraire on le Ut sans parti-pris, se laissant aller au caprice de l'auteur et ne lui demandant pas compte de son plan, on peut y trouver beaucoup d'agrément.
1. Onze traités de Djâhiz, réunis sous le tilTe Madjmou'ah resail. Recueil de traités, ont été publiés au Caire, 1324 H.
2. Le Livre des Avares a été publié par Van Vloten, Leyde, 1900.
3. Kitâh el-Hayawân.Cet ouvrage a été édité en Oriel par les soins de el-Haddj Mohammed Efendi, 1325