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CHAPITRE VII, — LA PHILOSOPHIE POLITIQUE

cle, chaque génération, chaque race, excelle dans certains arts », pour lesquels la Providence l'a spécialement doué, et auxquels les autres n'atteignent pas au même degré, comme les Chinois dans les métiers, les Grecs anciens dans la philosophie et les belles-lettres, les Arabes dans ce que nous allons dire, les Perses Sassanides dans le gouvernement, les Turcs dans la guerre. Ne voyons-nous pas que les Grecs, qui ont scruté les causes, n'ont pas été en général commerçants ni artisans, ni cultivateurs ; mais ils ont spéculé avec une pénétration d'esprit sans égale, au point d'inventer des outils et instruments pour l'utilité ou le plaisir des hommes, tels que : la balance, l'astrolabe, les horloges, les flûtes et les orgues ; la médecine, le calcul, la géométrie, la musique ; les machines de guerre et autres choses semblables. Les peuples de la Chine ont été fondeurs et orfèvres, sculpteurs sur bois, tourneurs, tisserands, brodeurs, fabricants de couleurs brillantes ; ils ont excellé en tout ce qui demande l'adresse de la main, quelle que soit la matière ou le prix. Les Grecs spéculaient sur la théorie et s'occupaient peu de pratique ; les Chinois se sont occupés de la pratique et n'ont point connu la théorie. Ceux-là sont des savants, ceux-ci des ouvriers.

Quant aux Arabes, ils ne sont ni commer-

çants, ni artisans, ni médecins, ni calculateurs, ni agriculteurs ; ce n'était naguère que des habitants des déserts, des nourrissons de la plaine inculte ; ils ne connaissaient pas la terre profonde, ni l'humidité, ni le nuage, ni le sol gras, ni la moisissure, ni les frontières ; mais quand ils sont sortis de leurs limites, et qu'ils ont apphqué leurs facultés à la poésie, à la logique, à la grammaire, à l'art de se guider par les étoiles ou par les vestiges des pas, ils ont atteint en ces différents genres la plus grande habileté. Les Turcs enfin, sortis eux aussi de demeures sauvages, sont parvenus à la limite en tout ce qui découle de l'équitation, de la chasse, du soin des troupeaux et de l'art de conduire des expéditions et de subjuguer les contrées.

Le vizir Nizam el-Moulk, dont nous avons maintenant à parler, servit les Seldjoukides de Perse. Cette dynastie, qui s'éleva par suite de la faiblesse des successeurs de Mahmoud le Ghaznévide, domina le khalifat de Bagdad à partir de la seconde moitié du xi^ siècle, (v^ de l'hégire) et compta des souverains d'un haut mérite tels que Togrul-Beg, Alp-Arslan et Malek Chah. Togrul-Beg fit de Rey sa capi-

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