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CHAPITRE VII. — LA PHILOSOPHIE POLITIQUE

Dans les tournées que faisait Malek Chah ns ses provinces, accompagné de son vizir, s'occupait de réformes administratives et de fondations. Ainsi, il abolit les droits qu'on touchait sur les pèlerins de La Mecque en divers points de la route, et il les remplaça par une somme prélevée sur les revenus de T'Irâk ; il fit construire pour eux des citernes et des caravansérails dans le désert. Ce Sultan était grand chasseur ; dans ses voyages, il faisait élever des pyramides avec les sabots des onagres tués par lui.

Nizâm el-Moulk épousa la fille du roi d'Arménie. Il avait douze fils entre les mains desquels il répartit les affaires de l'empire. Cet abus et des difficultés qui s'élevèrent entre lui et la reine au sujet du choix de l'héritier présomptif le firent tomber en disgrâce ; il avait exercé trente ans le vizirat. Quelque temps après, il fut poignardé par un affidé de la secte des Ismaéhens (vulgairement appelés Assassins), dont il avait conseillé l'extermination. Ce fut le premier crime pohtique que commirent ces sectaires (485-1092).

On doit à ce vizir la fondation de trois universités : à Nisabour, à Bagdad et à Basrah. « Parmi toutes ses œuvres, dit Mirkhond, on distingue l'université qu'il fonda à Bagdad et que l'on nomma d'après lui Nizâmieh. Cette

institution obtint le plus grand succès. Les étudiants qui venaient s'y instruire en ressortaient habiles dans différentes branches ; plusieurs des maîtres de la science y ont. enseigné, tels que l'imani Abou Ishâk Chîrâzi et l'imam surnommé « la preuve de l' Islam », Mohammed Gazâli. L'université de Basrah n'était ni moins grande, ni moins bien pourvue que celle de Bagdad. Elle fut d'abord située en dehors de la ville, puis transportée « avec tous ses instruments » dans la cité même.

Voici quelques passages tirés du Traité de Gouvernement (Siasset-nâmeh) qu'écrivit Nizâm el-Moulk (1). Il parle ainsi des finances et du budget :

« Il faut, dit-il (Ch. L), que le budget de l'Etat soit mis par écrit, afin que l'on connaisse clairement le total des sommes qui seront perçues et dépensées. Cette méthode permettra de réfléchir suffisamment &ur les dépenses à faire. On en déduira tout ce qui ne sera pas indispensable ; on refusera de l'accorder et on le rayera. Si le rapporteur a sur les totaux de ces sommes des observations à présenter, s'il indique une augmentation de revenu ou ui déficit, on devra tenir compte de ses observai

1, Siasset Nameh, traité de gouvernement compose pour le sultan Mélik-Châh par le vizir Nizam oul-Moull éd. et trad. Ch. Schefer, Paris, 1891-1893, 3 vol.

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