‹ Les penseurs de l'Islam (volume 2)Chapitre 164 sur 192 · CHAPITRE VII. LA PHILOSOPHIE POLITIQUE · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. LA PHILOSOPHIE POLITIQUE

lions ; ainsi cessera toute fausse attribution, et aucun emploi de l'argent ne pourra demeurer caché. »

Les rois, dit encore le ministre (Ch. XLVIII), ont toujours eu deux trésors: l'un permanent, ou du moins réservé pour les cas extraordi- • aires, l'autre pour les dépenses courantes.

On ne doit rien prélever sur les sommes renlermées dans le premier, si ce n'est dans le cas d'une absolue nécessité ; et si on en tire c[uelque argent, ce n'est qu'à titre de prêt ; car il ne faut pas que les recettes soient cora- ])lètement dépensées. »

Un gouverneur du Khârezm pour le sultan Mahmoud, qui avait demandé qu'on lui payât son traitement sur les revenus mêmes de la province qu'il administrait, reçut une lettre de blâme. « En aucun cas, lui répondit le vizir, une somme ayant une attribution déterminée ne peut être abandonnée au gouverneur. Verse l'impôt dans le trésor du Sultan et demande une décharge ; ensuite, tu réclameras tes appointements. » Nizâm el-Moulk est particulièrement attentif à la partie du budget qui concerne le paiement des troupes. Il faut toujours avoir en vue cette dépense, et tenir la somme prête pour la distribuer à l'échéance.

Notre écrivain montre une grande répugnance pour la participation des femmes aux

affaires. Il attribue le même sentiment au khalife Mamoun. Celui-ci aurait dit : « Puisse-t-il n'y avoir jamais un monarque qui permette aux femmes de dire leur mot sur les affaires de l'Etat, sur celles de l'armée et des finances et d'y faire sentir leur ingérence. Si elles viennent à protéger une personne, à en faire chasser une autre, à faire punir celui-ci, à procurer un emploi à celui-là, tout le monde se tournera nécessairement vers elles et leur soumettra des requêtes. Lorsque les femmes verront cet empressement et leur demeure remplie par la foule des militaires et des notables, elles concevront des espérances difficiles à réaliser ; les méchants et les intrigants se fraieront un accès auprès d'elles », et bientôt, le prince se verra dépouillé de tout prestige et de toute grandeur. Nizâm el-Moulk, en cela peu progressiste, admet l'infériorité intellectuelle de la femme, conformément à l'idée coranique, et ne lui demande que de « perpétuer la noblesse de la race : plus elles sont de haute origine, et plus elles vivent retirées, plus elles sont dignes de louanges ».

Le livre contient quelques remarques inté-j ressantes sur les esclaves, sur les devoirs di roi envers eux, par exemple de ne pas les hasarder sans nécessité, sur l'armée et le luxe d( armes : « Toute demande émanant des soldats

Page 1