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CHAPITRE VIII. LES PROVERBES ET LES CONTES

autres chapitres d'introduction et pour les apologues eux-mêmes, la morale est tout à fait analogue à celle que nous avons rencontrée dans la légende de Buzurdjmihr, et c'est la forme populaire de la morale du néoplatonisme. Nous pensons donc qu'il faut voir dans ces sentences ou apologues des produits de l'époque Alexandrine qui, de la Perse, se seront transmis séparément et à des époques diverses, d'une part aux Arabes et d'autre part aux Indes.

Dans le genre des contes, la littérature arabe n'est dépassée par aucune autre. La quantité qu'elle en possède, l'intérêt et l'ingéniosité des histoires, la grâce des conversations, le brillant du décor, confondent l'imagination. Depuis que les Mille et une Nuits, qui ne sont point le seul recueil, ont été révélées à l'Occident par Galland, elles n'ont cessé d'être lues et exploitées de toute manière ; leur popularité n'a point décru ; leur fraîcheur n'a rien souffert du temps, et des traductions en ont été faites dans toutes les langues du monde (1).

1. La bibliographie raisonnée des Mille et une Nuits forme à elle seule un important volume .V. Victor Chauvin, Bibliographie des Ouvrages arabes ou relatifs aux

A qui doit-on cet amas de merveilles ? On ne le sait pas. Cette œuvre énorme, évidemment produite par plusieurs auteurs, n'est suivie d'aucune signature ; il n'y a pas un nom, pas une ombre à qui les lecteurs charmés puissent offrir leurs louanges et porter le tribut de leur reconnaissance. Et d'abord, ces contes « arabes » sont-ils vraiment arabes ? Ce sont des adaptations ; mais dans quelle mesure sont-ils adaptés? Quel est le rôle du recenseur arabe ? Quelle devrait être sa part d'auteur ? Cela n'est pas facile à dire. On peut affirmer cependant que ce rôle est assez considérable ; le fonds même des contes est rarement arabe ; mais le talent de conteur appartient bien au recenseur musulman, et parfois, dans les cas où les mœurs dérivant de l'islam font partie intégrante de l'intrigue, il faut bien admettre que le conte est, pour une large part, inventé par l'auteur musulman. En outre le talent consommé dont les Arabes font preuve dans l'anecdote ne permet pas de leur contester à priorité le don d'inventer des contes un peu étendus.

Les Mille et une Nuits sont mentionnées pour

Arabes, fascicules IV et V, Liège-Leipzig, 1900-1901. — Les grandes traductions sont celles de Galland et de Mardrus en français, Habicht en allemand, Lane et Burton en anglais. L'édition princeps de la traduction de Galland, qui a fait connaître au monde occidental cet admirable recueil, est de 1704.

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