Les Prairies d'or, t. IV, p
il se plaint, comme dans l'Evangile, d'avoir jeté trois fois ses filets sans rien prendre. Le Génie qu'il retire ensuite est enfermé dans un vase scellé du sceau de Salomon. L'idée messianique est exprimée : Salomon est mort depuis 1800 ans, dit le pêcheur, et nous sommes à la fin des siècles. Le conteur connaît la légende talmudique qui représente Salomon comme dompteur de génies. Le génie jure par le grand nom de Dieu, idée juive et coranique. Il parle d'esprits rebelles conformément à la tradition juive et chrétienne : ils sont deux, selon le texte de Galland, qui refusèrent de se soumettre à Salomon, et l'un d'eux s'appelle Sacar, nom hébreu. Dans le texte arabe de 1311 H., Sakhar est le nom même du génie qui parle au pêcheur. Le génie naît de la fumée et retourne en fumée ; un rôle important est attribué à la fumée dans les traités de magie arabe. Enfin, le pêcheur renvoie l'If rît de nouveau renfermé, dans la mer, pour qu'il y reste jusqu'à la fin des temps ; c'est l'idée eschatologique, corollaire de l'idée messianique. En tout cela et dans tout le reste du conte, rien d'indien.
Il en est de même dans le conte de Kamarez-Zamân.Le Djinn femelle s'appelle Maïmounah fille de Damriât, nom dont l'assonance est plutôt hébraïque (1) ; elle sort d'une citerne romaine