‹ Les penseurs de l'Islam (volume 2)Chapitre 72 sur 192 · CHAPITRE IV. — LES HISTORIENS ARABES · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. — LES HISTORIENS ARABES

En 701 a lieu une nouvelle expédition en Arménie, à laquelle notre auteur prend part. Il combat alors contre les Tartares Mongols, dont il repousse un des corps dans le voisinage de Palmyre. Entre temps, il fait le pèlerinage de La Mecque, visite Jérusalem et le tombeau d'Abraham à Hébron. En 710, il va au Caire, où il est nommé avec pompe Lieutenant du Sultan ; il donne de curieux détails à cette occasion. Deux ans après, lors d'une nouvelle visite au Caire, il obtient le titre de prince de Hamât qu'avaient porté ses ancêtres ; le Sultan le loge au Caire, dans le palais de Kabach. Il revient à Hamât avec un nombreux cortège et y fait une entrée solennelle :

« Toutes les troupes qui s'y trouvaient vinrent à ma rencontre. Mon entrée eut lieu le lundi 23 de djoumada second dans l'après-midi. Avant mon entrée, l'émir, porteur de l'acte d'investiture, m'avait revêtu du costume sultanien. Il consistait dans une robe de dessus de satin rouge, accompagnée d'une broderie d'or ; dans une robe de dessous de satin jaune; dans une calotte brochée d'or, accompagnée de sa moussehne ; dans une ceinture d'or égyptien, et dans une épée garnie aussi d'or d'Egypte. En même temps, l'émir me remit un cheval de Barca, muni de sa selle et de sa bride. Ce fut avec cette pompe que j'entrai dans Hamât.

Lecture fut donnée au peuple dunoble diplôme. » Abou'1-Fédâ, à cette occasion, se montra généreux ; ii donna à l'émir porteur du diplôme quarante mille pièces d'argent et quelques chevaux.

Il refit le pèlerinage avec grande solennité et bataillant toujours. En 715, il prit part à une importante expédition en Asie- Mineure, commandée, pour le compte du Sultan, par le viceroi de Damas. Il donne à ce sujet des détails assez particuliers : « Je me joignis, dit-il, avec les troupes de ma principauté, à l'expédition. Nous passâmes successivement à Alep, Ayn-Tab, Raban, etc. En traversant le Nahr-Azraq (un affluent de l'Euphrate), je remarquai un pont de construction romaine et bâti en pierres de taille, dont la largeur surpassait tout ce que j'avais vu en ce genre. Laissant Hisn Mansour sur notre droite, nous atteignîmes la chaîne qui fait suite au Taurus. Là nous eûmes à traverser un défdé tellement étroit, que l'armée mit deux jours et deux nuits à le franchir. Nous passâmes ensuite à Zapetra, ville petite et qui tombait en ruines... etc. » On voit par cette sorte de journal de marche que l'auteur donne bien pour chaque point le détail essentiel et caractéristique et la sensation de la chose vue.

C'est au milieu de toutes ces campagnes et

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