CHAPITRE IV. ■—' LES HISTORIENS ARABES
de tous ces voyages ({ii'Abou'1-Fédâ écrivait. Son histoire, pour toute la partie ancienne, date de cette époque. Il y ajouta ensuite, année par année, les événements contemporains.
L'année suivante (717), il était à Hamât où il travaillait à la rédaction de sa géographie. Il s'entourait d'hommes instruits, causait avec les marchands et s'occupait lui-même un peu de commerce.
Sans doute pour consolider sa situation et se maintenir en faveur auprès du Sultan, il fit encore plusieurs visites en Egypte. Le sultan, pendant ces trajets, lui envoyait des présents, comme des moutons, du sucre et de l'orge pour sa subsistance et celle de sa suite. Une fois, il reçut du Sultan un gerfaut, oiseau de proie dressé pour la chasse, et des boîtes de friandises.
Dans un de ces voyages, il désira visiter Alexandrie. Le Sultan fit mettre à sa disposition deux bateaux, avec lesquels il descendit le Nil et le canal Nâsery. Arrivé à Alexandrie, il reçut en présent cent pièces d'étoffe des fabriques de la ville. A sa visite suivante, le Sultan lui demanda de l'accompagner au pèlerinage de La Mecque; il se rendit à ce désir et il nous raconte comment, le long du chemin, ils chassaient au faucon et prenaient des gazelles.
Au retour de ce pèlerinage, Abou'1-Fédâ fut
l'objet d'une faveur extraordinaire que rendait possible sa qualité de petit-neveu de Saladin : il reçut le droit de porter lui-même le titre de sultan et les insignes du sultanat. Des fêtes plus brillantes encore que celles auxquelles avait donné lieu la restauration de la principauté de Hamât eurent lieu à cette occasion. Dans ses autres visites en Egypte, il assista à des réceptions d'ambassadeurs : réception d'un envoyé de Jayme II d'Aragon ; réception d'un Khan des Tartares de Perse. Il en décrit le cérémonial d'une façon fort agréable. Il avait aussi accompagné leSultan dans un voyage en Haute-Egypte jusqu'à Denderah.
Abou'1-Fédâ, au comble de la gloire et des honneurs, mourut en 732 à Hamât et fut enterré dans un mausolée qu'il s'était fait construire. Il avait aimé la poésie ; les poètes le louèrent. Son poète ordinaire, Ibn Nobata, a dit de lui : « C'est un prince vers la demeure duquel la gloire accourt, comme les pèlerins se précipitent aux abords de la Kaabah... Que de merveilles sont enfantées par sa main lorsqu'elle tient le Kalam (la plume de roseau) instrument de science. »
Outre sa Chronique et sa Géographie, deux œuvres capitales, Abou'1-Fédâ a écrit un ouvrage en plusieurs volumes sur la médecine, intitulé Kennasdu et un livre des Balances.