‹ Les penseurs de l'Islam (volume 2)Chapitre 80 sur 192 · CHAPITRE IV. — LES HISTORIENS ARABES · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. — LES HISTORIENS ARABES

'est à ce dernier qu'échut l'honneur de rédi- <^er l'Introduction. Cette introduction contient sur Makkari une notice tirée de ses propres rieuvres et d'un autre biographe, que nous allons

'sumer brièvement.

C'est à la fin du xvi^ siècle que naquit à Tlem-

on Ahmed fils de Mohammed el-Makkari, d'une lamille originaire de Makkara, localité voisine

■ cette ville. Il passa à Tlemcen une partie

0 son enfance, étudiant le Coran et la tradition sous la direction de son oncle, un très savant cheïkh. Tlemcen était alors une grande ville sous la domination turque, presque à la limite de l'empire du Maroc. Moulai Ahmed el-Mansour était à cette époque khalife à Fez, capitale du Magreb, centre littéraire et théologique. Deux fois Makkari se rendit à Fez ; il y connut quelques hommes instruits et surtout beaucoup de livres. Puis il visita Merrâkech où il examina les ruines de la Mosquée des Almohades et d'autres monuments (1601). Des troubles étant survenus dans l'empire du Maroc, il quitta Fez et s'embarqua (1617). Sa première visite en Orient fut pour La Mecque ; puis il se rendit au Caire où il se maria. L'année suivante Makkari visitait Jérusalem et revenait ensuite au Caire. Il retourna à la Mecque en 1627 et il y alla en tout cinq fois. Il enseigna dans la capitale de l'Islamisme l'histoire et la tradition.

Ayant ainsi oscillé quelques années entre Le Caire, La Mecque, Médine et Jérusalem, il poussa enfin jusqu'à Damas, où il donna des leçons qui obtinrent un grand succès ; c'était un cours de tradition dans lequel il expliquait surtout le célèbre ouvrage de Bokhâri. Le cours se termina par un discours de clôture qui fut l'occasion d'un véritable triomphe. L'historien revint au Caire, où il fut reçu avec honneur, et il se disposait à retourner encore à Damas pour s'y fixer, quand la mort le surprit le 2 Djomada 1041 (1631 Ch.).

Makkari est d'une époque tardive, comme on voit ; mais il est bien de la race et continue la tradition des grands historiens arabes. Il a comme eux l'esprit ouvert, une intelligence curieuse et sérieuse à la fois, un style précis, un récit riche en détails, en dates, en anecdotes. Dugat lui reproche le manque de composition. Ce reproche ne me paraît pas bien juste, et en tout cas est-il peu important dans le genre de compilation que l'auteur a choisi. Makkari est biographe peut-être plus encore qu'historien. Deux de ses livres ont pour objet, l'un les savants espagnols qui ont été en Orient (Livre Y), et celui-là forme à lui seul un quart de l'œuvre totale, l'autre les savants et les grands personnages orientaux qui sont venus en Andalousie (Livre VI). Celui-ci débute par des biographies

Page 1