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CHAPITRE IV. LES HISTORIENS ARABES

d'un intérêt historique général ; celles des conc]uéiants Arabes de l'Espagne, les compagnons de Tarîk. Parmi eux est Moghîth, appelé « le Conquérant de Cordoue » , dont d'autres auteurs ont dit qu'il était Grec ; mais il ne l'était pas, (lit Makkari ; il était Gassanide, et, fait piisonnier dans son enfance, il fut recueilli par le khalife oméyade 'Abd el-Méhk qui l'éleva a<^ec son fils Wélîd. De ce personnage sont descendus les Bénou-Moghîlh, noble famille de Cordoue. L'article sur 'Abd er-Rahmân, le fondateur des Oméyades d'Espagne, est particulièrement inressant. C'est ce prince, on s'en souvient, qui .happé en Orient au massacre de sa famille par les Abbassides, réussit à se sauver, parvint en fugitif en Espagne et s'3^ acquit un royaume. Les Andalous l'ont surnommé ed-Dâkhil, «celui qui est entré ».

Dans l'ensemble, toutes ces biographies nous donnent un sentiment intense de la vie intellectuelle dans l'islam espagnol. Non seulement les deux ou trois grands centres fameux, Séville, Cordoue, Grenade y prenaient part, mais il y avait des savants ou des lettrés dans tous les pays, même dans l'île de Majorque ; et d'ailleurs, cette île a en arabe son historien. Makkari s'intéresse beaucoup aux jurisconsultes, — son ouvrage est une source précieuse pour l'histoire du droit, — aux musiciens, sur lesquels il a

des détails aussi piquants que gracieux ; aux médecins, notamment à la célèbre famille d'Ibn Zohr. Il s'occupe aussi avec sympathie des femmes savantes, poétesses, chanteuses ou même jurisconsultes. Dans une autre partie de son ouvrage, au livre VII, il donne des notices sur près de trente femmes de lettres des xi® et xii® siècles, et dans ce livre VI des savants étrangers venus en Espagne, il cite une négresse, traditionniste éminente, élève de l'imam Mâlik.

Outre ces deux livres, rédigés en forme de compilation biographique, l'ouvrage en contient d'autres qui appartiennent davantage à l'histoire générale, ou plutôt à ce genre que l'on pourrait appeler « l'histoire descriptive » des pays, de leurs caractères, de leurs habitants, de leurs monuments, de leurs mœurs ; et l'on pourrait à ce propos examiner si ce genre, qui ne me paraît pas avoir de nom spécial, ne mériterait pas d'en avoir un, et si l'honneur de l'avoir inventé ou au moins largement développé ne reviendrait pas aux Arabes. Le premier livre, qui est une description physique de l'Espagne, abonde en renseignements intéressants sur les villes de l'Espagne, son climat, ses produits, ses monuments, le tout émaillé d'anecdotes et traversé] de vers et de biographies. Puis Makkari parle] de la conquête de l'Espagne par les Arabes (Livre II), et fait une histoire sommaire de sesl

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