LES HISTORIENS PERSANS ET HISTORIENS DES MONGOLS
Un poète historien : Firdousi.
MUSTAUFI ; MiRKHOND ; RÉCHÎD ED-DÎN.
Un poète VOYAGEUR : Nasiri Khosrau.
Un auteur de mémoires en arabe, de l'époque DE Djenghîz-Khan : Nésawi. — Un prince historien, de la famille de Djenghîz-Khan : Abou'l-Ghazi.
Il convient de mettre en tête des historiens persans un poète, un très grand poète, l'illustre Firdousi, l'auteur du Liyre des Rois (1). Firdousi en effet, en retraçant l'histoire légendaire des anciens rois de Perse depuis les origines
1. Le Livre des Rois, par Afcou'l Kasim Firdousi, trad. Jules Mohl, 7 vol. Paris, 1876-78, avec une importante préface.
jusqu'à l'islam, n'a rien inventé. Les traditions qui forment son poème existaient et étaient déjà en partie recueillies avant lui ; il n'a fait que les orner d'images et que les exprimer en un très beau langage. Il est donc en réalité autant traditionniste que poète. Voici en abrégé l'histoire de ces récits épiques :
C'était une coutume des rois d'Iran de faire recueillir les anciennes chroniques. Les nobles familles persanes conservaient aussi le souvenir des hauts faits par lesquels elles s'étaient illustrées. Le premier roi qui tenta de réunir les traditions sur l'histoire de la Perse est, dit-on, Anochirwân (531-579 Ch.) ; c'est à lui qu'on attribue tout ce qui s'est fait de bien dans l'ancienne Perse. Il fit recueillir dans toutes les provinces de son empire les récits populaires concernant les rois et en fit déposer la collection dans sa bibliothèque. Ce recueil fut appelé le Khodaï Nâmeh. Le dernier roi Sassanide Yezdedjerd (632-651 Ch.) reprit ce travail et en chargea un savant Dihkân ou noble, que l'on connaît sous le nom de Dânichwer (ce mot signifie le savant). C'était un des personnages les plus distingués de la cour par la naissance et le savoir. Il y avait alors en Perse beaucoup de Mobeds ou simplement de lettrés qui connaissaient quelques fragments de l'ancienne histoire. Dânichwer fit venir de chaque