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I CHAPITRE V. — HISTORIENS PERSANS ET MONGOLS

! et OÙ on les appréciait en présence du roi. Mah-

II moud faisait rechercher dans tout son empire les i livres et les traditions orales. On lui fit par- I venir d'abord une partie du livre d'Ibn el-Mo- ! kafia, puis un descendant d'Anouchirwân lui I donna l'ouvrage entier. D'autres descendants . plus ou moins authentiques des anciens rois, — : car les parvenus persans se rattachaient voloii- I tiers aux anciennes races, — venaient luiapporter 1 des traditions. Mahmoud désirait avoir un poème

historique complet ; il mit au concours entre ses poètes dilTérents épisodes ; c'est alors qu'on lui amena Firdousi.

Ce poète était né à Chadab, bourg des envi- •1 rons de Tous, apparemment en 329 (940 Ch.). Son ^ père était d'une famille de Dihkans, c'est-à-dire de nobles, et possédait un petit domaine aux environs de Tous. Son enfance fut studieuse ; il s'asseyait au bord d'un canal qui passait devant la maison de son père, et là, lisait ou méditait. Il s'occupa de bonne heure à mettre en vers lés traditions épiques. Quand Dakîki, qui avait été chargé de produire la grande épopée persane, mourut, laissant l'œuvre à peine commencée, Firdousi désira vivement l'entreprendre. Il finit par se procurer le recueil pehlvi de Dânichwer, qui devait en former la base, et se mit à l'œuvre à l'âge de 36 ans. Il mit d'abord en vers l'histoire de Zohak et de Féri-

doun. Malgré le secret dont il s'entourait, son œuvre éveilla la curiosité publique, et le gouverneur de la province voulut en entendre des morceaux. Il en fut enchanté et pourvut dès lors aux besoins du poète.

Firdousi continua à travailler, mais sans suivre une marche régulière. Il demeura à Tous jusqu'au moment où, vaguement invité sans doute par Mahmoud, il se rendit à la cour de Ghazna. Il trouva le Sultan entouré de courtisans, de poètes, de lettrés, et eut quelque peine à se faire entendre. Plusieurs poètes, répondant au désir du maître, avaient composé des morceaux sur les vies des anciens rois, et leur lecture occupa plusieurs séances. A la fin un ami de Firdousi remit à Mahmoud l'épisode de Rustem et d'Isfendiar. Mahmoud en ayant pris connaissance, le fit appeler et lui posa des questions sur Tous, sur l'histoire et l'origine de cette ville. Il fut frappé du talent et de l'érudition que le poète déploya dans ses réponses, et le présenta aux autres courtisans. Un peu plus tard il lui demanda de composer un tétrastique en l'honneur de son favori Ayâz. Il en fut si content, raconte-t-on, qu'il remercia le poète en lui disant qu'il venait de transformer] l'assemblée en un paradis (Firdaus), d'où serait | venu son nom de Firdousi. Les poètes de la cour lui jetèrent un défi en lui donnant le com-

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