‹ Les penseurs de l'Islam (volume 2)Chapitre 91 sur 192 · CHAPITRE V. — HISTORIENS PERSANS ET MONGOLS · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. — HISTORIENS PERSANS ET MONGOLS

inencement d'un quatrain qu'il devait terminer, cl il s'en tira avec beaucoup de bonheur.

Dès lors en grande faveur auprès de Mahmoud, il profita des matériaux qui avaient été accumulés par ce roi sur l'histoire de l'ancienne Perse. Mahmoud lui remit le livre des Vies des rois (seîr el-molouk), et lui fit préparer un ap- |)artement attenant au palais. Une porte donlit accès sur le jardin privé du roi. Cet apparment fut orné de peintures représentant des icvaux, des éléphants, des dromadaires, des ■^res, ainsi que les portraits des héros de l'Iran du Touran dont il avait à chanter les exploits. a porte était interdite à tous, sauf à Ayâz le lavori. Son œuvre, à mesure qu'il la produisait, 'Lait reçue avec honneur. On dit que, lorsqu'il ! Il lisait un morceau au roi, la récitation était accompagnée de musique et de danse, et les mouvements des danseuses marquaient le rythme de ses vers.

L'envie sans doute mit un terme à cet heureux état. Bien qu'on ne sache pas précisénivînt ce qui amena ce changement, ni de quelles injustices le poète eut à souffrir, on le voit se plaindre avec amertume d'être oublié, de manquer presque du nécessaire. Il remercie quelques amis de ce qu'ils font pour lui, le Sultan ne faisant plus rien, et, mécontent de ce qui lui est donné à la fin de son travail, il quitte la

cour. En partant il laisse à Ayâz la satire contre Mahmoud dont nous avons déjà parlé, et que le favori eut l'imprudence de porter à son maître. Celui-ci, furieux, voulut le faire arrêter ; mais Firdousi, qui avait de l'avance, échappa. Il se rendit d'abord chez Qâbous, prince du Djordjân, qui le reçut avec faveur, puis dut le congédier pour ne pas s'attirer l'inimitié de Mahmoud. Il alla, presque en fugitif, àBadgad, reçut l'hospitalité d'un marchand et se fit connaître au Khalife. Le Khalife se montra bienveillant ; toutefois, en bon musulman, il reprocha au poète d'avoir consacré sa vie et son talent à la glorification des adorateurs du feu. Firdousi promit alors de composer un poème sur un sujet islamique, et il écrivit Yousof et Zoleïka. Il continua sa vie errante, passa à el-Ahwâz et dans le Kouhislan, trouva là un gouverneur qui lui reprocha ses imprudences et finit par le faire rentrer en grâce auprès du monarque de Ghazna. Firdousi revint à Tous, son pays d'origine, et un jour s'y promenant dans le bazar, il tomba, pris de syncope. On le rapporta à sa maison ; il y mourut en 411 (1020), âgé de 83 ans ; on l'enterra dans son jardin. On rapporte qu'au moment^ où il rendait le dernier soupir, Mahmoud lui fit envoyer une forte somme d'argent poui prix de son chef-d'œuvre ; ces fonds furent employés à construire à Tous un caravansérail.

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