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CHAPITRE V, HISTORIENS PERSANS ET MONGOLS

marché la foule qui veut se révolter contre la tyrannie du monstre Zohâk. « Il prend le tablier nvec lequel les forgerons se couvrent les pieds

uand ils frappent avec le marteau, et le met au bout d'une lance ; la foule fait voler la poussière dans le bazar. » Ils viennent ainsi trouver le roi Féridoun. « Le roi vit le tablier sur la

ointe de la lance, et l'accepta comme un signe (le bonheur. 11 le revêtit de brocart de Roum, ' t l'orna d'une figure de pierreries sur un fond

or ; il le couronna d'une boule semblable à la 1 .une et en tira un augure favorable ; il y fit flotter des étoffes rouges, jaunes et violettes, et lui donna le nom de Kawéyani Direfsch (l'étendard de Kâweh). Depuis ce temps, tous ceux qui sont montés sur le trône des rois, tous ceux qui ont mis sur leur tête la couronne impériale, ont ajouté de nouveaux et toujours nouveaux joyaux à ce vil tablier du forgeron, ils l'ont orné de riches brocarts et de soie peinte ; et c'est ainsi qu'a été formé cet étendard qui brillait comme un soleil dans la nuit sombre, et par qui le monde avait le cœur rempli d'esf>éraiice. »

Roustem, dont le nom signifie « le fort », le plus grand héros ou pehlewan du Chah Nâmeh, symbolise la lutte de l'Iran contre le Touran ; il incarne la résistance d'une race aryenne à la

poussée d'autres races du Nord et de l'Est, des contrées au delà de l'Oxus, ancêtres des Turcs ou des Mongols.

L'histoire de ce héros est très développée dans le poème ; elle s'étend sur plusieurs règnes et comporte de nombreux épisodes dans lesquels Roustem combat une quantité d'ennemis, des « divs », un dragon, une magicienne, mais surtout des chefs touraniens. Son principal adversaire est Afrâsyab, incarnation du touranisme. Celui-ci est à la fin fait prisonnier et mis à mort par le roi d'Iran Kéy Khosraw.

Roustem lui-même ne succombe qu'à la trahison : le roi de Kaboul le fait tomber dans une fosse. Voici quelques lignes de cet épisode ; on remarquera avec quelle justesse et quelle émotion sont décrits les mouvements du cheval.

« Le roi, — après avoir reçu les conseils d'un traître, — partit pour le lieu de la chasse, emmenant les hommes de son armée les plus habiles dans l'art de faire des fosses. Ils en creusèrent partout sous les routes dane la réserve de chasse, et en garnirent le fond avec des épieux, des lances, des javelots et des épées de combat dont la poignée était fixée à terre. Puis on rendit invisible avec beaucoup d'art l'ouverture des fosses, de manière que ni un homme, ni l'œil d'un cheval n'aurait pu les découvrir...

« Or il y avait en face de la ville de Kaboul

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