‹ Les penseurs de l'Islam (volume 3)Chapitre 26 sur 122 · CHAPITRE II. - LES SOUVERAINS · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. - LES SOUVERAINS

Législateur, Soliman apporte dans les lois pénales certains adoucissements (1), réduit le nombre des cas auxquels s’applique la peine de la mort ou de la main coupée, proscrit le système du talion. Ses lois sur la famille ne sont cependant pas très libérales : Le mariage est obligatoire ; le mari ne peut habiter chez une de ses femmes sans le consentement des autres ; s’il part en voyage ne pouvant emmener qu’une de ses femmes, il doit la tirer au sort. Les enfants trouvés, ceci est plus naturel, sont pupilles de l’État.

En ce qui concerne la hiérarchie des fonctions, Soliman reprit l’œuvre de Mahomet II ; son système est très minutieux aussi ; il aboutit à augmenter les privilèges du corps des Ulémas et à étendre le pouvoir du Cheïkh ul-Islam.

L’architecture et la poésie furent en honneur sous ce règne. Plusieurs mosquées s’élevèrent à Constantinople ; des ponts et des aqueducs furent construits dans les provinces ; un de ces aqueducs amenant de l’eau à Constantinople alimentait 40 fontaines. La capitale s’orna de statues antiques provenant d’Ofen.

Soliman était poète. Beaucoup de princes

1 . Pétis de la Croix a traduit du turc le Canon de Suleyman représenté à Sultan Murad IV pour son ins - ■ truction, ou état politique et militaire , 1 vol., Paris,

LES PENSEURS DE L’iSLAM

de la famille impériale le furent : Sélim Ier a laissé un recueil d’odes persanes, turques et arabes. Mourad III a écrit sous le pseudonyme de Murâdî ; celui de Soliman était Muhibbi ; le malheureux Mustafa, son fds, avait écrit sous le nom de Moukhlessi des vers et des ouvrages d’exégèse. Nous avons noté le même talent chez Zizim. La poésie servait aux uns de consolation, aux autres de compensation à ce que le pouvoir et la conquête imposaient de dureté.

On a de Tamerlan deux oeuvres : des Instituts politiques et militaires qui complètent ceux de Djenghîz Khan et des Mémoires (1) dans lesquels est racontée la première partie de sa carrière jusqu’à l’année 777 (1375). Ces deux ouvrages ont été écrits par lui en turc oriental (Djagataï), et traduits en persan par Abou T âlib el-Hoseïni. On en admet généralement l’authenticité. Le major Davy, qui a donné au xvme siècle une version anglaise des Instituts ,

1. Institutes de Timûr, éd. White, trad. anglaise par William Davy, Oxford, 1783. — Instituts politiques et militaires de Tamerlan, proprement appelé Timour, trad. français par Langlès, 1787. — The Mulfuzât Timury or autobio graphical memoirs of the moghul emperor Timûr , trad. angl. publiée par l’Oriental Translation Committee,

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