‹ Les penseurs de l'Islam (volume 3)Chapitre 31 sur 122 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

LES SOUVERAINS

Damas qu’un petit nombre de personnes : c’étaient des artistes, des ouvriers, et des savants qu’il envoya à Samarcande. Parmi eux étaient des fabricants d’armes damasquinées et des potiers émailleurs. Il ne put empêcher dans cette ville l’incendie du dôme plombé de la mosquée des Omévades ; mais il fit ensuite élever des dômes magnifiques sur les tombeaux des épouses du prophète. Après la prise de Khârezm en 781, il avait de même envoyé les artistes, les savants et ouvriers à Kech. Il bâtit à Samarcande une université et des palais et monuments célèbres dont nous aurons à reparler.

Ce grand homme de guerre était habile politique, un peu à la manière italienne. Il se servait des mariages soit pour s’agrandir, soit pour se rapprocher des princes dont il méditait la perte. Il s’était à la fin de sa vie attiré les sympathies de l’empire grec, et il aurait pu par une alliance avec le monarque byzantin rendre impossible le reconstitution de l’empire osmanli, s’il n’avait été appelé du côté de la Chine, puis arrêté par la mort (1405 Ch.).

Un poète a dit de lui : « Le nom de Timour qu’il a reçu signifie fer ; il l’eut pour la force extraordinaire de ses épaules, Timour, le fils de Téraghaï, l’homme lion, ce prince conquérant du monde, la gloire de l’univers. »

LES PENSEURS DE L’iSLAM

L’Inde a eu de très grands souverains de race tartare et mongole. A la fin du Xe siècle de notre ère, le tartare Soboktéguin, affranchi d’Alep Téguin, se tailla un royaume allant de la rive gauche de l’Oxus à la chaîne des monts Soliman, à l’Ouest de Y Indus. Il régna à Ghazna. Attaqué par les chefs Rajpout de la rive gauche de l’ Indus, il les défit, s’avança dans l’Inde, pilla le Pendjab, et plusieurs tribus montagnardes furent converties à l’Islam. Son fils Mahmoud le Ghaznévide a laissé un grand renom et même une légende dans l’histoire orientale. Issu d’un père tartare et d’une mère Tajik, c’est-à-dire de la race locale de Ghazna, il joignait aux instincts agressifs et pillards de la première race les goûts raffinés de l’autre. Pendant les trente ans qu’il régna, il envahit l’Inde douze fois, massacrant tout ce qui lui résistait, profanant les temples hindous, brisant les idoles, et rapportant dans sa capitale des trésors qu’on ne peut évaluer. Son zèle pour la destruction des images, conforme au précepte de l’islam qui les interdit, l’a fait surnommer l’Iconoclaste, Bhat Chikan. Il pilla entre autres le célèbre temple de Somenath situé sur la côte sud de la presqu’île de Gudjerat. Ce temple contenait une idole de Siva en grande vénéra-

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