Tome II, p
il commanda de bâtir une place forte avec murs et fossés, dont il fit soigner la construction. Il disait qu’il avait décidé de s’éloigner, et cependant il ne songeait qu’au siège, et il resta là. Chaque jour, il pressait Grenade davantage ; le combat dura sept mois. Le siège était soutenu avec vigueur par les Musulmans, et les Chrétiens étaient encore à une certaine distance. Le chemin entre Grenade et el-Bacchârât était rempli sur toute son étendue de vivres et de denrées, du côté de la montagne de Chalîr, dont on s’approvisionna jusqu’à la saison d’hiver. Mais alors le froid devint intense, la neige tomba ; la porte des subsistances se trouva close, et l’importation cessa. Les vivres se raréfièrent ; la famine et la souffrance furent grandes. L’ennemi s’empara de la plupart des lieux en dehors de la ville, coupant aux Musulmans les champs cultivés et les ressources. L’état des choses devint critique, la gravité et l’anxiété de la situation plus évidentes de jour en jour. C’était au commencement de l’année 897.
L’ennemi voulait s’emparer de Grenade par la famine et sans combat. Beaucoup d’habitants, poussés par la faim, s’enfuirent à el-Baccharât.
La situation empira encore au mois de Safar. Les gens se réunirent en présence des docteurs et leur dirent : « Voyez vous-mêmes et conférez avec votre Sultan. » Le Sultan fit venir ses mi-