Firdousi, loc. cit., p
Lorsque la désolée Chîrîn apprit que le cortège royal allait passer, elle se vêtit d’une tunique jaune au parfum de musc, d’une robe rouge de brocart de Roum tissé d’or fin ; elle donna à ses joues, par le moyen du fard, la couleur de la grenade ; elle mit sur sa tête un diadème royal et monta sur la terrasse de sa maison. Le Chosroës, en la voyant si belle, avec des larmes de sang sur son visage en deuil, se prit à pleurer comme elle et à pâlir. Il envoya vers elle un cheval de main à bride d’or, avec 40 eunuques grecs en leur disant : « Vous l’amènerez dans l’appartement de mes femmes, dans la chambre incrustée de pierreries. »
Lorsqu’il fut revenu de. la chasse, — ces grandes chasses duraient plusieurs jours — il épousa Chîrîn, selon les rites antiques, comme le prescrivaient la coutume et la loi.
Mais ce nouveau mariage ne plut pas au public persan. La nouvelle favorite était de trop basse extraction. Les grands boudèrent ; ils furent plusieurs jours sans venir voir le roi ; le grand prêtre fit des remontrances. Chosrau dut expliquer que, du moment que Chîrîn était entrée dans les appartements royaux, elle était comme une coupe auparavant remplie d’un sang impur, qu’on aurait lavée, et où l’on aurait versé un vin parfumé.
Cependant, cette reine dont Firdousi et d’au-