‹ Les penseurs de l'IslamChapitre 9 sur 235 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

LA PERSE AVANT L’iSLAM 15

Gordieh n’est pas la plus célèbre. Celle qui est restée la favorite des poètes est Chîrîn.

Chîrîn, dont le nom signifie la douce, était d’une grande beauté et de basse naissance. Elle avait été l’amie d’Eperwîz alors que son père vivait encore et qu’il n’était que prince héritier. « Il avait pour amie Chîrîn, dit Firdousi (1), qui lui était chère comme son oeil brillant ; mais quand il fut devenu roi du monde, il se sépara d’elle pendant quelque temps, errant dans le monde sans repos, absorbé par la guerre qu’il soutenait contre Bahram, et Chîrîn au beau visage pleurait nuit et jour, voyant Chosrau éloigné d’elle pendant si longtemps.

Un jour le roi eut envie d’aller à la chasse et il fit des préparatifs comme les grands rois ses prédécesseurs avaient coutume d’en faire. Firdousi décrit complaisamment le train de la chasse royale : les chevaux aux brides d’or, les valets armés de javelots ou d’épieux, les veneurs avec faucons, éperviers, laniers, les cavaliers avec des guépards dressés, les chiens, les chameaux porteurs de tentes, les esclaves à parfums, les musiciens. Le roi portait une robe de brocart d’or, une couronne, des boucles d’oreilles, un collier, des bracelets, une ceinture d’or incrustée de pierres fines. Il était entouré de jeunes princes à cheval, en habits jaune, rouge et violet.

Page 1