CHAPITRE VI. — LA CONQUÊTE ARABE
Allah : nous avons fait de folles dépenses durant ce voyage, b
Mais la critique nouvelle n’en juge pas ainsi ; elle prétend (1) que le luxe avait déjà pénétré dans la communauté musulmane du vivant du Prophète, et qu’Omar poussait dès lors le haut Islam et le Prophète lui-même dans la voie du luxe. Peut-être cette critique attache-t-elle trop d’importance à un certain luxe de parade, qui peut s’allier avec des goûts simples dans la vie ordinaire et même à la pratique de l’austérité. Lammens admet que Mahomet aimait la simplicité, mais qu’il ne dédaignait pas la représentation et savait à l’occasion paraître en souverain. Ainsi, au pèlerinage d’adieu, il s’abrite sous un parasol de brocart ; il distribue à ses compagnons des manteaux de soie brochés d’or ; il porte le rouge et l’interdit à ceux qui le suivent ; il se vêt parfois de brocart d’or. On représente le Prophète endossant pour le combat une précieuse tunique de soie ; je préfère les traditions qui le montrent couvert de la cotte de mailles.
De même, dans un règne aussi brillant et aussi heureux que celui d’Omar, quelques pompes sont bien naturelles et ne contredisent pas une impression générale de mœurs encore simples.