Lammens, Fâtima, Rome, 1912, p
Qu’Omar ait pu quelquefois paraître en public vêtu de robes de soie rayées et de tuniques brochées et entouré d’un éclatant cortège, comme le représente la tradition à son entrée supposée à Jérusalem, il n’y a rien là de choquant, et cette pompe pouvait être utile pour frapper l’imagination populaire, sans modifier sensiblement l’idée que l’on s’est faite de son caractère. Au reste on ne saurait nier que ces notations du P. Lammens sur les costumes, ' les maisons, les peintures, les images, dans l’Islam primitif, ne soient fort intéressantes.
Le même savant reproche vivement à Omar sa dureté pour les femmes (1). Il y a à ce sujet une bien amusante anecdote dans Tabari (2). « Omar avait convoité deux femmes qui l’avaient refusé. L’une, Oumm Aban, fille d’‘Otbah avait répondu : Je ne le veux pas, car il est sombre et sévère envers ses femmes et il les tient enfermées. L’autre qui le refusa était une fille d’Abou Bekr. Il la fit demander par Ayéchah. Celle-ci était favorable à l’union, mais la jeune fille pleura en disant qu’elle ne le voulait pas pour mari. — Pourquoi, lui demanda Ayéchah, ne veux-tu pas épouser le khalife ? — Parce qu’il a toujours un air sombre, répondit-elle, et qu’il donne à sa famille une nourriture