V. Abou’l-Faradj. Les bibliothèques d’Alexandrie
LES PENSEURS DE L’iSLAM
soit laisser la responsabilité de cette perte à Amrou lui-même, soit y voir un de ces accidents déplorables qui sont la conséquence ordinaire des guerres et des conquêtes.
En somme Omar est un caractère assez riche, ayant plusieurs aspects : On trouve en lui l’énergie, la grandeur simple, une intelligence réceptive, s’adaptant facilement, un haut sens politique, modéré et libéral, joint au sens commercial. On y remarque encore, d’après Mas‘oudi, la curiosité d’esprit : Omar questionne sur divers pays du monde, sur la Perse, cause sur les tribus arabes, prétend avoir vu des goules ; et dans les travaux de Lammens, on voit en outre chez ce khalife l’homme de sport, le lutteur « redouté dans les foires de ‘Okâz » qui d’un coup de poing renverse le traditionniste Abou Horéïrah, enfin le moraliste dur qui conseille de battre et de claustrer les femmes. Au total une forte nature très capable de porter à l’aise un grand destin.
L’historien Ibn Miskawéïh (1) a un intéressant résumé du règne d’Omar, dans lequel il parle surtout de ses secrétaires et de ses insti-
avaient déjà eu dans l’antiquité d’autres malheurs. Roilin, Histoire ancienne , t. VII, p. 329 ; Paris, 1738.
1. Ibn Miskawayh history, éd. photogr. Teano, t. I, pp. 453-460, caractère du Khalife Omar, ses institutions.