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CHAPITRE VI. — LA CONQUÊTE ARABE

Parmi ses secrétaires furent Zéïd, fils de Thâbit, dont nous avons parlé, et le sévère Ziyâd. Il prit celui-ci à Abou Mousa el-Ach‘ari en disant : « Il me répugne qu’un esprit aussi éminent que le tien exerce ses talents sur des raya. »

Nous avons déjà mentionné une autre innovation d’importance capitale qui eut lieu sous ce règne : l’institution de l’ère de l’hégire. Abou Mousa avait écrit au Khalife : Tu nous envoies des lettres qui n’ont point de date. Les Arabes dataient alors de l’année de l’Eléphant. Omar rassembla les hommes pour tenir conseil. L’un lui conseilla de dater à partir de la mission du Prophète. Un autre proposa l’hégire, qui fut choisie. Cela se passait l’an 17 ou 18 de l’hégire. On se demanda ensuite : A quel mois commencerons-nous ? Quelqu’un dit : Au mois de Ramadan. Plutôt à Moharrem, répliqua Omar, car c’est le mois où l’on part en pèlerinage, et c’est le mois sacré. On convint donc de Moharrem.

Omar est le premier auquel on donna le titre d’Emir des croyants. Abou Bekr était appelé Khalife du Prophète de Dieu, c’est-à-dire lieutenant, vicaire, ou successeur. Quand Omar lui succéda, on l’appela d’abord Khalife du Khalife du Prophète de Dieu. Cela sera trop long, dit-il, quand viendra un autre Khalife et que vous

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devrez répéter ce mot 3 fois et davantage. Mais vous êtes croyants et je suis votre émir.

Il est le premier qui ordonna de faire la prière ' des repos dans le mois de Ramadan. Il multiplia les lampes dans les mosquées cathédrales.

Il avait l’habitude de porter une cravache en nerf de bœuf et parfois d’en donner des coups.

A ce sujet nous avons cette tradition : On lui apporta une fois de l’argent, qu’il se mit à distribuer au peuple. La foule se pressait autour de lui. Sa‘d fils d’Abou Wakkâs poussa si bien les gens qu’il se fraya un passage jusqu’au Khalife ; mais celui-ci le frappa de son nerf de bœuf en disant : « Tu ne respectes pas le Sultan de Dieu sur la terre ; je te ferai voir que le Sultan de Dieu ne te craint pas. » — Une musulmane rencontra un jour des hommes qui marchaient lentement et parlaient à voix basse. Elle demanda : « Quels sont ces gens ? On lui répondit : des ascètes. — Par Dieu, répliqua-t-elle, quand Omar parlait, on l’entendait ; quand il marchait, il allait vite ; et quand il frappait, il faisait mal. C’était lui le véritable ascète. »

Ibn ‘Abbâs raconte (1) qu’un jour il accompagnait Omar dans le pèlerinage, et ils vinrent à une montagne où le Khalife enfant avait gardé les chameaux de son père Khattâb :

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