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CHAPITRE VI. — LA CONQUÊTE ARABE

C’est dans la seconde année de ce règne que la Syrie fut conquise. Omar commit au début de cette conquête une grave injustice : il destitua Khâlid fils de Wélîd au milieu même de sa victoire. Cet excellent général, qui avait joué un rôle éminent sous le court règne d’Abou-Bekr, avait été chargé par ce dernier d’envahir la Perse. Il avait pris Obollah et Hîrah, pénétré dans l’Irâk et conquis le Sawâd. Comme il se disposait à poursuivre sa conquête, il fut rappelé en Syrie par une intrigue d’Omar. Une bataille s’engagea près de la rivière Yarmouk contre l’armée grecque. Au milieu du combat, un messager vint apporter à Khâlid, qui commandait en chef, la nouvelle qu’Abou-Bekr était mort, qu’Omar lui avait succédé et que lui-même était destitué. Khâlid cacha le message, acheva la déroute des Grecs et se soumit à son destin. Il commanda cependant encore en Syrie sous les ordres d’Abou-‘Obéïdah ; mais en l’an 18, après la soumission complète de cette province, Omar qui, outre l’envie qu’il lui portait, nourrissait contre lui une vieille haine pour un fait d’intérêt secondaire, ennuyé d’entendre faire partout son éloge, le révoqua définitivement. Cette mesure fut fort blâmée et provoqua du mécontentement en Syrie, dans l’Irâk et dans

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le Hedjâz. Il y eut dans la mosquée même où parlait Omar des protestations auxquelles ce Khalife ne répondit rien.

Damas est une des villes au sujet desquelles on discute si elles furent prises de vive force ou par composition. Les Musulmans la conquirent de bonne heure, en l’an 14 de l’hégire (635), après un siège de 6 mois. Les détails que donnent les historiens arabes sur cette conquête ne sont pas bien concordants. D’après Tabari (1), le gouverneur aurait célébré une fête pour la naissance d’un fils, et les Musulmans sachant qu’à la suite du banquet, une grande partie de la garnison était ivre, auraient choisi ce moment pour donner l’assaut. D’après Eutychius (2), le gouverneur qui, à ce qu’il semble, était de race arabe, aurait simplement trahi et ouvert une des portes aux Musulmans ; cette seconde version est plus vraisemblable. L’armée musulmane entra par quatre portes différentes et, comme les généraux ne s’entendaient pas fort bien entre eux, il y eut des combats sanglants à deux des portes, la capitulation n’ayant eu son effet qu’aux deux autres. De cette façon, la

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