Tabari-Behami, t. III, p
LES PENSEURS DE L’iSLAM
de combattre les Musulmans ; le froid se chargera de leur ôter l’usage des mains et des pieds. Mais ce furent les Grecs qui eurent les extrémités gelées, tandis que les Musulmans furent épargnés. Un tremblement de terre fit ensuite tomber tout un côté du mur de défense, et la garnison capitula.
Après la prise d’Adjnâdîn, Artaboun qui commandait l’armée byzantine se retira dans Jérusalem, qu’on appelait alors Ælia, et ‘Amrou, fils d’el-‘As vint l’y assiéger. Le nom du général grec signifiait, paraît-il, « finaud ». Quand les Byzantins virent ‘Amrou s’approcher, ils dirent à Artaboun : « Comme tu es le finaud des Grecs, • cet homme est le finaud des Arabes. » Artaboun envoya à ‘Amrou un message lui disant : « D’après une tradition, Ælia (Jérusalem) ne sera prise que par un homme dont le nom se compose de trois lettres ; le tien a quatre lettres (‘mru) ; retire-toi donc ; tu ne ferais rien de bon. » ‘Amrou envoya cette lettre à Omar qui était alors à Médine, et ce Khalife dit : « C’est moi l’homme dont le nom a trois lettres (‘mr). » Il partit donc en personne et s’arrêta à la première ville de Syrie sur la route venant de Médine, Djâbiah. Djâbiah est à l’est du Jourdain et du lac de Tibériade, au sud de Damas ; elle se trouvait à cinq journées de marche au nordest de Jérusalem. Comme il était dans cette