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CHAPITRE VI. - LA CONQUÊTE ARABE

localité, se disposant à se rendre au siège, Omar vit venir à lui une assez grande foule ; il demanda ce que c’était: c’étaient des habitants d’Ælia qui venaient rendre la ville.

Contrairement à ce qu’on a souvent écrit, Omar n’entra pas cette fois à Jérusalem ; il revint à Médine. Il ne visita la Syrie que trois ans plus tard, en l’an 18 de l’hégire. Une peste terrible avait sévi dans l’intervalle. Le Khalife traversa la Syrie, rendant la justice dans les villes, partageant les successions des personnes mortes de la peste, augmentant les garnisons, donnant des ordres aux officiers, conseillant et exhortant les habitants.

Tabari ne parle pas spécialement de Jérusalem à propos de ce voyage. La tradition est pourtant qu’Omar entra dans la ville, où il fut reçu avec honneur par le Patriarche et par les habitants (1). Il leur donna le traitement des villes les plus favorisées. Il ne leur imposa qu’un tribut léger et leur garantit la possession de leurs églises et des lieux saints. D’après la tradition chrétienne, le Khalife aurait visité les lieux de pèlerinages, s’informant de leur histoire. Arrivé à l’église de la Résurrection, il se trouva être l’heure de la prière. Le Patriarche l’invita à prier dans l’église ; mais il s’y refusa, disant

1. Eutychius, loc. cit., pp. 17-18. — Muir, the Caliphate , 2e éd., 1892, p. 145.

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qu’une église où il aurait prié deviendrait musulmane, et qu’il ne voulait pas déposséder les chrétiens.

Jérusalem, comme on sait, a toujours été tenue en grande vénération par les Musulmans ; elle est leur troisième ville sainte ; et le Prophète, dans le voyage fantastique qu’il fit sur la chimère Borak la nuit de son Ascension (mi- ‘râdj), est censé l’avoir visitée. Elle est appelée dans l’Islam béït-el-maqdis , la maison sainte, ou bien el-Qods ou Qods-i-Chérîf. la noble et sainte, sainte ayant aussi un peu le sens de forte.

On attribue à Omar cette belle lettre (1) qu’il écrivit à S‘ad fils d’Abou-Wakkâs et aux troupes placées sous ses ordres : « Je te recommande à toi et à tes soldats de craindre Dieu par-dessus toutes choses. La crainte de Dieu est la meilleure munition contre l’ennemi et le meilleur stratagème dans la guerre. Je te recommande à toi et à ceux qui sont avec toi, de vous garder du péché plus encore que de vos ennemis ; car les fautes d’une armée lui nuisent plus que l’ennemi. Les Croyants ne peuvent être vainqueurs que parce que leurs adversaires sont en révolte contre Dieu. S’il n’en était pas ainsi,

1. Ce qui suit est extrait d’un petit livre Qawâ'ïd ‘ arabiyeh , les modèles de l’arabe, à l’usage des écoles de Constantinople, Stamboul, 1307 H.

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