‹ Les penseurs de l'IslamChapitre 119 sur 235 · CHAPITRE VI. — - LA CONQUÊTE ARABE · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. — - LA CONQUÊTE ARABE

nous n’aurions pas la force de les battre. Nous leur sommes inférieurs en nombre et en équipement ; si nous leur sommes égaux en désobéissance à Dieu, ils auront la supériorité sur nous ; autrement nous les vaincrons, par notre supériorité morale, non par notre force. »

Abou-Bekr aurait dit à Khâlid, fils de Wélîd en l’envoyant à la conquête de l’Irâk : «Va avec la bénédiction de Dieu et, quand tu seras entré sur le territoire ennemi, tiens-toi à l’abri des attaques, car je me méfie des raids ; sois bien pourvu de vivres, suis les guides ; ne combats pas un blessé, car parfois il feint de l’être ; gardetoi des incursions nocturnes, car les Arabes ont de la négligence ; parle peu ; ce qu’on t’arrache n’est plus à toi ; prends des hommes ce qu’ils montrent en public, laissant à Dieu leur for intérieur ; j’invoque pour toi Dieu, dont les promesses ne trompent pas. »

On prête encore à ces deux Khalifes des recommandations qui intéressent plus directement le droit de la guerre. Parmi elles est le respect dû aux moines. Abou-Bekr aurait dit à Yézîd fils d’Abou-Sofian en l’envoyant en Syrie : « Tu trouveras des hommes qui se sont consacrés à Dieu, c’est-à-dire des moines, protège-les ; tu en trouveras qui ont rasé le milieu de leurs têtes : frappe avec l’épée la partie rasée (sic). » Puis il ajouta: je te fais dix recommandations : «N’agis

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pas traîtreusement (sous-entendu avec l’ennemi) ; ne mutile prs et ne tue pas les vieillards, les femmes ni les enfants; ne coupe pas les jarrets aux brebis ni aux chameaux, si ce n’est à ceux que vous voulez manger ; ne brûlez pas les palmiers ; ne ruinez pas les demeures ; ne soyez ni perfides, ni lâches. » Omar dit à peu près de même : « N’opprimez personne, car Dieu n’aime pas les oppresseurs ; ne soyez pas lâches dans le combat, ni cruels dans la force, ni abusifs dans la victoire. Ne tuez ni vieillard, ni femme, ni enfant, et craignez de les tuer dans les rencontres d’escadrons ou dans les incursions de cavalerie. '»

Cette espèce de décalogue à l’usage des gens de guerre montre que le sentiment de l’Islam, s’il est de conquérir, est aussi de respecter l’homme dans l’ennemi.

Nous extrayons d’un bon ouvrage cité plus haut, le Fârs Nâmeh (1), deux pages rela-

1. The Fârsnâma of Ibnu’l-Balkhi, éd. Guy Le Strange et R. A. Nicholson, Cambridge, 1921, p. 113. — Cf. sur cette conquête Yaqout, Dict. de la Perse, p. 411 au mot Fârs. Le Fârs n’est pas toute la Perse, bien qu’elle en porte le nom, mais seulement la province au sud-ouest et au sud, dont Chîrâz devint la capitale.

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