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CHAPITRE PREMIER. - LA PERSE AVANT L’iSLAM

dans son reliquaire d’or; on l’avait cachée dans un jardin et on avait semé dessus des légumes ; la place fut découverte à force de menaces. La seconde armée, qui avait été en Egypte, conquit momentanément le pays et envoya à Chosroës les clés d’Alexandrie. La troisième vint camper sous les murs de Constantinople.

Dans ce danger, les Grecs massacrèrent Phocas et nommèrent empereur Héraclius. Cet empereur d’assez haute valeur, bien qu’il dût être battu plus tard par les Arabes, triompha alors des Persans. Il conduisit lui-même une armée en Arménie et à Nisibe, força le passage du Tigre près de Mosoul et vint jusque dans le voisinage de Médaïn ; mais il n’y séjourna pas, et retourna bientôt en Arménie.

Pendant que se déroulait cette guerre, Mahomet à La Mecque était déjà un homme d’un certain âge. Il avait commencé sa prédication ; un petit noyau de musulmans s’était formé ; mais l’hégire n’avait pas encore eu lieu. La lutte entre les Byzantins, chrétiens et les Persans, adeptes du magisme, passionnait fort les Mecquois. La plupart des Koréïehites tenaient pour les Persans, qu’ils appelaient leurs frères. Le petit groupe de Mahomet était au contraire sympathique aux Grecs. Mahomet aurait été affligé de voir les Chrétiens battus par les Mages. Il regardait les Mazdéens comme des païens, ce qui n’est pas exact.

LES PENSEURS DE L’iSLAM

Ami sincère du Prophète, Abou Bekr causait un jour de la guerre avec des Koréïchites : « Dieu ne vous satisfera pas, disait-il à un incroyant : Les Grecs battront les Perses ; notre Prophète nous l’a dit. — Tu mens, répondit l’un d’eux. — Tu mens encore plus, ennemi de Dieu, repartit Abou Bekr. Je fais le pari avec toi : Si les Grecs sont vainqueurs avant 3 ans, tu me donneras 10 jeunes chameaux ; si ce sont les Perses, c’est moi qui te les donnerai. » Il alla faire part de ce pari à Mahomet, qui lui dit : « C’est trop court ; élève le gage et augmente le nombre d’années. » Ils parièrent donc 100 chameaux pour dans 9 ans. Les Grecs reprirent en effet l’avantage à la mort de Chosrau. On raconte aussi qu’Abou Bekr fut impressionné par la vue des ruines que les Perses avaient faites en Syrie : villes détruites, champs ravagés, oliviers abattus.

Sous le règne d’Eperwîz se produisit aussi une rencontre entre des troupes persanes et quelques tribus arabes (batailles de Dzou-Kar), dans laquelle les Arabes eurent l’avantage. Cet épisode, qui dut paraître infime aux yeux des Persans, emplit de fierté les tribus arabes, encore païennes ou chrétiennes, et sembla un premier présage de la conquête. Il y a beaucoup de détails sur ce petit combat. On prétend que Mahomet en eut connaissance à La Mecque par télépathie : « Les Arabes, dit-il,- ont eu aujourd’hui

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