CHAPITRE PREMIER. — LA PERSE AVANT L’iSLAM
raison dos Perses. » On nota le jour ; c’était bien celui où la bataille avait eu lieu.
Cependant Eperwîz arrivait au bout de son long règne, après avoir amassé d’énormes richesses et commis beaucoup de cruautés. Il avait 12.000 femmes et servantes, 8.500 chevaux de selle, 8 ou 900 éléphants. Il avait bâti des temples du feu où 12.000 prêtres faisaient la prière. « Il avait de l’or et des trésors sans fin, dit Firdousi ; jamais il n’y avait eu un Choroës tel que lui. Les faucons et les gerfauts, les aigles qui volent haut, les lions, les léopards et les crocodiles dans l’eau, tous lui obéissaient, et son âme brillait comme le soleil. » — « Lorsque mes ennemis eurent été dispersés partout, écrivait-il lui-même peu de jours avant sa mort, j’ai rempli mes trésors. Tous les pays travaillaient pour moi ; on tirait de la mer pour moi tant de perles, que les mariniers se lassaient. Les plaines, les mers et les montagnes étaient à moi. Quand mon trésor d’argent se trouvait épuisé, je remplissais les caisses de pièces d’or neuves, de rubis, de pierreries, d’étoffes et d’armes de guerre. Lorsque j’eus porté le diadème pendant 26 ans, mes trésors débordaient de choses précieuses. Dans chaque caisse, il y avait 12.000 dinars, et je ne dépensais que des dinars royaux... Cette année-là, je cherchai le chiffre
LES PENSEURS DE l’ïSLAM
de l’impôt : il s’élevait à 100 fois 100.000 dinars. Alors je fis faire un nouveau coin pour les dirhems, et me livrai à la joie et à la magnificence. Que de tributs et de redevances de l’Inde, que de tributs du Roum et du pays des magiciens ! Que de présents et de tributs de tous pays, de chaque grand, de chaque prince ! Que d’offrandes coutumières aux fêtes du nouvel an et de l’automne ! Que de chevaux et d’esclaves au beau visage ! Que de cuirasses et de casques, que de massues et d’épées furent distribués librement à tous ! Que de musc et de camphre, que de fourrures de castor, d’hermine noire et blanche et de martre brune ! Quiconque était mon sujet chargeait ses chameaux d’objets de ce genre et accourait à ma cour ; personne n’osait se soustraire à mes volontés...
C’est ainsi que depuis la 26e année de mon règne jusqu’à la 38e, le Ciel n’a tourné que selon mes désirs ; tous les grands jouissaient de la sécurité ; tous mes ennemis tremblaient. »
Cette haute prospérité fut interrompue par son peuple qui supportait avec impatience son caractère violent. Sa propension à verser le sang s’était accrue avec l’âge. Il lui vint en esprit de faire périr toutes les personnes retenues dans les prisons ; il y en avait 36.000. Il donna l’ordre de