‹ Les penseurs de l'IslamChapitre 127 sur 235 · CHAPITRE VII. - LES KHALIFES OMÉYADES · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. - LES KHALIFES OMÉYADES

tention de maintenir la loi, il mécontentait ; la malechance ou une sorte de suspicion générale sembla! s’attacher à ses actes, fl interdit les jeux de hasard qui, avec le luxe, s’étaient introduits à Médine, et il s’aliéna ainsi la jeunesse de la ville. II élargit la cour de la Ka‘bah à La Mecque, travail commencé par Omar, ainsi que la mosquée de Médine. A La Mecque les propriétaires des maisons qu'il dut exproprier pour cet agrandissement se plaignirent amèrement. II eut aussi le malheur de perdre l’anneau du Prophète, qu’il laissa tomber dans le puits Arîs. En vain on vida le puits ; l’anneau ne fut point retrouvé.

Un autre grief plus grave contre Othman fut le mauvais choix de ses agents. L’un d’eux, à Koufah. Wélid fils d’‘Okbah, « à qui le Prophète avait prédit qu’il serait damné vint un jour présider la prière du matin après une nuit passée dans la débauche et complètement ivre. II fit 4 oraisons, puis se mit à dire : « A boire, verse encore ! Les fidèles durent le reconduire chez lui à coups de cailloux.

Ce sont encore des histoires où interviennent des Juifs. Un sorcier juif fait apparaître des fantômes dans la mosquée de Koufah. On voit la nuit un roi de grande taille monté sur un cheval qui galope au milieu de la cour de la mosquée ; le sorcier .?e change c: chamelle,

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disparaît dans la bouche d’un âne, coupe le cou à un homme et, faisant tourner son sabre sur le cadavre, le ressuscite. Un habitant de Koufah, témoin de ces prodiges, les juge contraires au Coran, tire son sabre et abat la tête du sorcier. Le gouverneur de Koufah, qui protégeait le juif, voulut faire périr l’habitant ; mais celui-ci s’étant enfui de prison, on dut se contenter de crucifier le geôlier.

Un autre juif, celui-ci du Yémen, ‘Abd Allah fils de Saba, versé dans la lecture des vieux livres, prêche une doctrine messianique. Il annonce que Mahomet reviendra ; c’est la doctrine du second avènement. En attendant son retour, son ministre ou lieutenant doit être investi du pouvoir : c’est Ali. Mais Ali lui-même ignore cette doctrine. Ali s’est montré très loyal pendant tout le règne d’Othman ; bien qu’ayant eu avec lui de vives altercations, il le défendit dans les émeutes des derniers jours.

Tout semble prétexte à conjuration. Les conjurés cependant ne sont pas d’accord sur le choix du prétendant qui doit remplacer Othman. L’Egypte est pour Ali, Basrah pour Talhah, Koufah pour Zobéïr. Le parti et la théorie alides ne sont pas encore complètement formés. Othman réunit le peuple à la mosquée ; il essaie de parler. De divers côtés des voix lui crient : « Othman fais pénitence. » Le khalife lève les

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