‹ Les penseurs de l'IslamChapitre 129 sur 235 · CHAPITRE VII. — LES KHALIFES OMÉYADES · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. — LES KHALIFES OMÉYADES

Mo'awiah, le grand khalife fondateur de la dynastie des Oméyades, est déjà le sixième khalife de l’Islam, et cependant il appartient encore à la période exégétiqne. Il avait en effet 20 ans à l’époque où la tradition place l’hégire, étant mort en l’an 60 âgé de 80 ans. Mais les événements avaient marché vite. Combien les temps étaient changés entre l’année 41, où Mo'âwiah parvint au trône, et cette époque où Mahomet, isolé et obscur, déployait un zèle inutile pour toucher une population incroyante! Quelle différence même avec l’époque si peu lointaine où Abou Bekr et Omar lançaient les armées musulmanes hors des limites de l’Arabie à la conquête du monde ! En une vingtaine d’années un immense et magnifique empire avait été

433. — Goldziher, Muhammedanische Studien, II, p. 119 et suiv., et Lammens, Etude VI sur Mo'âwiah, ont étudié le parti ou la secte des Othmanites ; mais je ne trouve pas qu’ils aient fait comprendre d’où a pu venir cette espèce de ferveur religieuse pour les droits d’Othman, qui n’était qu’un cousin éloigné du Prophète, alors qu’Ali en était le cousin germain et le gendre ; quel était le sens véritable de cette sorte de « culte », appelé par les historiens arabes eux-mêmes « la religion d’Othman, dîn Othmân »? Il semble y avoir là quelque secret qui nous échappe. — - Djâhiz l’érudit et paradoxal philosophe, était Othmanite ; il a écrit un' traité des droits d’Othman.

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fondé ; et non seulement il avait été fondé, mais on eût dit qu’il avait déjà dépassé son apogée : il était dévoré de discordes intestines, il entrait en décadence, il craquait, il se disloquait.

Mo‘âwiah, un des plus grands talents de cette période si féconde en talents, se trouva apte à tous les rôles qu’il eut à jouer au cours de ce vaste drame. Jeune, il fut secrétaire du Prophète dans ses dernières années. Sous Abou Bekr, il prit une part active à la répression des soulèvements qui se produisirent en Arabie, et on lui attribue l’honneur d’avoir tué le faux prophète Mosaïlimah. Sous Omar et Othman, il gouverna la Syrie ; il fit sous Othman, en partie avec son frère Yézîd, la difficile conquête de la Phénicie. Puis vint le chiisme et la terrible lutte contre Ali. Mo'âwiah déploya dans cette guerre autant de ruse que d’énergie, et ses capacités militaires n’y furent pas inférieures à son génie politique. Délivré d’Ali par l’assassinat (an 40), il écarta facilement son faible fils Hasan, qui ne fut khalife que 6 mois. Par une convention décorée du nom de « réconciliation », Hasan renonçait aü pouvoir. Mo‘âwiah lui octroyait une somme de 5 millions, les revenus, sa vie durant, d’un district de Perse et l’assurance qu’en sa présence on ne maudirait pas Ali du haut de la chaire. En outre il faisait une pension

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